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"Cela ressemblait à une vie métro-boulot-dodo": avec la crise sanitaire, ces Français quittent la ville pour devenir agriculteurs

Il est encore trop tôt pour avoir des chiffres précis, mais les syndicats agricoles ou les agences de développement en milieu rural constatent que les urbains sont de plus en plus nombreux à faire ce choix.

Ils quittent la ville pour s’installer à la campagne avec un objectif, devenir agriculteurs. La crise sanitaire a été un électrochoc pour beaucoup de candidats à cette nouvelle aventure.

Céline, son mari et ses enfants ont quitté Bordeaux. La crise sanitaire a accéléré leur départ. 

“Surtout avec le confinement, le couvre-feu, cela ressemblait beaucoup à une vie métro-boulot-dodo”, explique-t-elle.

Cette gestionnaire d’un parc auto, âgée de 31 ans, vient ici dans un but très précis: “Essayer d’avoir une auto-suffisance alimentaire, énergétique, pour proposer un autre mode de vie à nos enfants”, détaille-t-elle.

Une volonté de changer de vie

Damien, lui était comédien à Paris, il a tout plaqué. “Si j’ai quitté le monde du théâtre, je n’ai pas quitté l’envie créative. Fonder mon exploitation agricole, c’est un acte créatif et je m’y retrouve pleinement, cela me galvanise”, indique-t-il.

C’est l’agence pour le développement de l’emploi agricole dirigée par Sandrine Lagarde qui accompagne ces futurs agriculteurs. 

“Le piège, c’est d’être un peu idéaliste, c’est-à-dire ne pas saisir que devenir paysan, c’est un métier. Nous on essaie de faire en sorte que les paysans soient autonomes financièrement dans leurs prises de décisions, qu’ils soient gérants de leur exploitation”, assure-t-elle.

Et l’association constate que depuis le début de la crise, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir changer de vie.

Jean-Wilfrid Forquès avec Guillaume Descours