RMC

Crédit d'impôt pour les personnes hébergeant des réfugiés: "C'est une reconnaissance du bien fondé de recevoir"

Le député LREM Aurélien Taché propose un crédit d'impôt pour les personnes qui hébergent des réfugiés. Une proposition qui ne fait pas forcément l'unanimité chez les personnes qui hébergent des réfugiés.

Et pourquoi pas un crédit d'impôt pour les personnes hébergeant des réfugiés? C'est ce que propose le député LREM Aurélien Taché dans le projet de loi de finances. L'élu du Val d'Oise estime "que l'accueil et l'intégration, c'est l'affaire de toute la société".

Son idée: que les Français qui hébergent des réfugiés qui ont un titre de séjour puissent déduire de leurs impôts jusqu'à 1.500 euros par an pour les frais que cela peut occasionner.

Bernard a accueilli cette année des migrants dans son appartement. L'idée qu'il soit dédommagé pour cet acte de solidarité le gênent un petit peu : "En ce qui me concerne, les 5 euros ne vont rien changer. Il vaudrait bien mieux qu'ils soient dirigés vers une association ou vers un collectif. C'est très difficile de recevoir un réfugié chez soi, la bonne solution, c'est plutôt que les associations perçoivent cet argent".

"L'accueil à domicile ne doit pas prendre la place d'un véritable accueil structuré"

Même avis de Karen qui a hébergé une réfugiée pendant 6 mois: "Il ne faudrait pas non plus que ce soit vu comme un bon moyen de se débarrasser de l'accueil des réfugiés en comptant sur les Français pour tous les accueillir. L'accueil à domicile ne doit pas prendre la place d'un véritable accueil structuré qui permet d'accéder à l'indépendance".

Au-delà des questions d'argent, c'est plus le symbole de cette proposition qui séduit Christian Salomé président de l'association "l'auberge des migrants": "C'est aussi une reconnaissance du bien fondé de recevoir quelqu'un qui est dans une situation transitoire difficile. Si ça pouvait permettre à ces gens de vivre un peu mieux que dans des tentes sur un trottoir, ce serait vraiment une bonne chose".

Cette proposition de "crédit de solidarité" sera examinée dans le projet de loi de finance 2019 a l'assemblée nationale avant fin novembre.

Romain Poisot (avec P.B.)