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Crise énergétique: une mairie de l'Yonne ne chauffera plus les Restos du cœur

Coluche, décédé il y a trente ans, le 19 juin 1986, a fondé Les Restos du Cœur en 1985.

Coluche, décédé il y a trente ans, le 19 juin 1986, a fondé Les Restos du Cœur en 1985. - Philippe Desmazes - AFP

La mairie de Migennes a décidé de ne plus payer la facture d'électricité du local des Restos du cœur.

"C'est autant de repas qui ne seront pas distribués": le local des Restos du cœur de Migennes (Yonne) dénonce "l'arbitraire" de la mairie qui a décidé de ne plus payer le chauffage, invoquant la flambée des coûts énergétiques.

"Nous n'avons pas été consultés, c'est une décision arbitraire", a déclaré Alain Servion, le président des Restos du cœur de l'Yonne, après l'annonce par la municipalité de Migennes de ne plus payer, à partir de janvier, l'électricité du local mis gratuitement à la disposition de l'association.

"Ce que nous paierons en électricité, c'est autant de repas qui ne seront pas distribués. Dans la commune, on aide environ 500 personnes", souligne Alain Servion, précisant que la facture en jeu s'élève à 1.800 euros par an.

À l'échelle du département, les Restos du cœur comptent quinze centres et environ 320 bénévoles. "J'ai eu peur mais pour les autres sites, cela s'est bien passé malgré la hausse des prix", indique-t-il.

"C'était ça ou augmenter les impôts"

Le maire de Migennes, le LR François Boucher invoque une "augmentation des prix du gaz et de l'électricité de 300 à 400%". "J'ai un million d'euros d'économies à trouver sur un budget de 8,9. C'était ça ou supprimer des postes de fonctionnaires ou augmenter les impôts", explique-t-il. "Nous avons de notre côté diminué au maximum la consommation, l'éclairage. Certaines salles publiques resteront fermées cet hiver. Mais il me reste encore 500.000 euros d'économie à trouver", plaide le maire de Migennes.

La commune d'environ 7.000 habitants (dans une agglomération qui en compte 15.000) est une des municipalités les plus sinistrées de la région, une situation encore aggravée par la fermeture récente de l'unité du sous-traitant automobile allemand Benteler qui employait 400 personnes à Migennes.

"Quand la situation redeviendra normale, on reprendra" l'aide aux associations, assure M. Boucher.

Le nombre des bénéficiaires des Restos, déjà de 1,1 million sur l'ensemble de la France, a bondi de 12% depuis avril dernier. Et leurs difficultés se sont accrues, puisque 60% (au lieu de 50% un an plus tôt) vivent dans l'"extrême pauvreté", c'est-à-dire avec moins de la moitié du seuil de pauvreté, selon l'association fondée par Coluche.

La rédaction avec AFP