RMC

Demander un crédit à la banque pour acheter un logement va devenir (beaucoup) plus compliqué

"LECHYPRE D'AFFAIRES" - Emprunter pour acheter un logement va devenir plus compliqué car les banques vont être contraintes de resserrer le robinet du crédit.

Ce mardi se réunit le conseil de stabilité financière, sous le patronage de Bruno Le Maire, et il risque bien de siffler la fin de la récré pour les banques et leurs emprunteurs immobiliers.

>> A LIRE AUSSI - Immobilier: les intentions d'achat des primo-accédants s'effondrent

Il faut dire qu’on est en plein Disneyland: au premier semestre 2021, selon la Banque de France, la production de crédits nouveaux liée à des transactions immobilières a atteint un nouveau record à 110,7 milliards d'euros. Le taux à des taux historiquement bas puisque les bons profils empruntent facilement à moins de 1% aujourd’hui. Rien qu'en mai et juin, il y a eu presque 20% de hausse sur un an.

Taux historiquement bas

Le Haut conseil de stabilité financière avait déjà tiré la sonnette d’alarme et fixé des règles. Des règles destinées justement à ce que l’emprunteur comme la banque d’ailleurs ne prennent pas des risques démesurés. Le taux d’endettement d’un candidat à la propriété ne doit pas dépasser 35% des revenus. La durée d’endettement ne doit pas dépasser 25 ans, jusqu'à 27 ans pour les achats sur plan.

Or, cet été, quasiment un quart des prêts outrepassaient la règle des 35% et/ou des 25 ans. Le vrai changement aujourd'hui, c’est que ce qui n’était jusqu’à maintenant que des recommandations, pourrait prendre force de loi. Et freinerait la distribution des crédits, avec un impact inévitable sur les prix. Parce que rappelons que 83% des prêts sont liés à un achat. En 2017, 60% des dossiers de crédits c’était des renégociations.

Qui ces mesures vont-ils pénaliser en priorité ?

Les investisseurs locatifs aisés, dont le taux d’effort dépasse 35%, et les ménages modestes ne disposant pas d’un apport suffisant, car le Haut Conseil invite les banques à préférer les demandes qui portent sur l'achat d'une résidence principale. Et enfin, les dossiers les plus fragiles, notamment en primo-accédant, faute d'apport personnel suffisant.

Selon meilleurstaux.com ce sont entre 100.000 et 200.000 ménages qui pourraient être exclus de l’accès à la propriété.

Emmanuel Lechypre