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"Dupin Quotidien": comment lutter contre l’obsolescence programmée?

Comment lutter contre l’obsolescence programmée, ces techniques par lesquelles un fabricant vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour pousser les consommateurs à en acheter un autre?  Le gouvernement vient de dévoiler des pistes de travail pour allonger la durée de vie des produits. Décryptage.

Et au bout de deux ans, plus rien ne fonctionne. De nombreux consommateurs ont déjà vécu cette situation que l'on appelle "l’obsolescence programmée". Alors comment empêcher les fabricants de mettre en place ces techniques? Comment privilégier la réparation au rachat systématique de produits neufs ? Le gouvernement, par la voix de la secrétaire d’Etat chargée de la Transition écologique Brune Poirson, vient de dévoiler des pistes de travail pour allonger la durée de vie des produits.

Pour mieux informer les consommateurs et pour allonger la durée de vie des produits elle annonce trois pistes. D’abord par l’affichage, d’ici 2020, d’un indice de durée de vie du produit. Un indice qui pourrait être intégré à l’étiquette énergie. L’information devra être simple, facilement compréhensible par le consommateur. Elle prendrait en compte un certain nombre de critères (durabilité, robustesse et réparabilité) en donnant une note synthétique sur 10. Cet indice serait établi par le fabricant sur la base du volontariat au moins jusqu’en 2020 et il pourrait peut-être devenir obligatoire ensuite mais sans garantie.

Trouver des pièces détachées

Parmi les autres pistes envisagées: permettre aux consommateurs de réparer plus facilement leurs produits en recréant un réseau de réparateurs sur le territoire… Pour y parvenir, le gouvernement souhaite explorer plusieurs leviers économiques et fiscaux. Pourquoi pas avec un taux de TVA réduit pour les réparateurs. Ou encore renforcer les obligations sur la disponibilité des pièces détachées puisqu’aujourd’hui cette obligation est limitée aux réparateurs automobiles qui sont contraints de proposer l’utilisation de pièces de rechange d’occasion - on sait d’ailleurs qu’ils ne respectent souvent pas cette règle. Il s’agirait d’appliquer les mêmes obligations pour tous les biens technologiques (électroménager, photographie, téléphonie…)

Toutes ces mesures font pour l’instant l’objet d’une consultation sur internet à laquelle tout le monde peut participer. Et les mesures seront tranchées fin mars par le gouvernement.

Qu’en pensent les associations?

Elles sont très contentes que le sujet soit à l’ordre du jour mais elles sont aussi très vigilantes. D’abord, elles se réjouissent de la mise en place d’un étiquetage indiquant la durée de vie des produits mais elles souhaitent que cet étiquetage soit obligatoire et ça n’est pas le cas pour l’instant. Elles préféreraient également un crédit d’impôt de 50% sur la réparation plutôt qu’un taux de TVA réduit. 

Enfin, leur principale revendication serait que le gouvernement instaure une garantie minimum de 5 ans sur tous les produits d’ici 2025. Et cette piste-là n’est pas évoquée par le gouvernement. 

Marie Dupin