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48% des 18-29 ans habitent chez leurs parents: "J'ai réussi à mettre des sous de côté grâce à ça "

Près d'un jeune sur deux âgé de 18 à 29 ans habite toujours chez ses parents selon l'INSEE. Une situation causée notamment par la précarité à laquelle sont confrontés les jeunes adultes à la fin de leurs études.

Les "Tanguy" ne sont pas prêts de s'éteindre. Selon les derniers chiffres publiés par l'INSEE mercredi, 46% des jeunes entre 18 et 29 ans habitaient chez leurs parents en 2013, soit une augmentation de cinq points en 40 ans. C'est le cas pour 2 jeunes sur 10 qui ont entre 25 et 29 ans, et cela concerne une majorité d'actifs assez mal insérés sur le marché de l'emploi.

Mais être "Tanguy" aujourd'hui n'est plus forcément une situation subie. Pour Maeva, 30 ans, qui est retournée vivre chez ses parents après avoir passé plusieurs années à l'étranger, habiter à leurs côtés offre un tas d'avantages:

"C'est se réveiller le matin et partager une biscotte et un chocolat chaud avec les parents. (...) Ca aurait été débile de ma part de dépenser des sous dans un loyer pour un mini-logement. (...) J'ai réussi grâce à ça à mettre des sous de côté, et demain j'habiterai dans mon chez moi".

"Pas le souci d'avoir à payer un loyer"

Se constituer un petit pécule avant de prendre son envol est l'objectif de ces jeunes, alors que 85% d'entre eux n'arrivent pas à décrocher de CDI. C'est le cas du fils de Christian.

"Le fait qu'il soit à la maison lui permet de choisir. S'il a un entretien qui est un échec, il rentre à la maison et n'a pas le souci du lendemain, pas le souci d'avoir à payer un loyer en fin de mois".

Et les "Tanguy" sont aujourd'hui mieux acceptés. Les relations entre générations n'ont jamais été aussi pacifiques, comme l'explique le sociologue Serge Guerin.

"Les parents connaissent bien les difficultés. Et par ailleurs les uns et les autres sont capables de se comprendre. Il y des notions de solidarité et d'échange. Et pour les enfants, ce n'est pas 'si pire' de rester chez leurs parents parce que les relations sont bonnes. Et en même temps, ils font ce calcul économique. Pendant que je reste chez mes parents, je constitue ma petite pelote, et tout va bien".

Et même une fois partis, les parents continuent à couver financièrement leurs enfants. 70% de ceux qui ont quitté le nid familial continuent à se faire aider par leurs parents. 

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