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À Strasbourg, des enseignants REP+ partagent leur prime annuelle avec leurs collègues surveillants

À travers ce geste de solidarité, les enseignants veulent alerter le ministère de l'Éducation sur cette inégalité de traitement.

C’est à la fois un très beau geste, mais aussi une contestation. Des enseignants en REP+, c’est-à-dire dans un établissement placé dans un quartier sensible, ont décidé de partager leur prime annuelle avec leurs collègues surveillants. En effet, dans ces établissements, enseignants, CPE, ou encore personnels administratifs, tous touchent une prime pouvant aller jusqu’à 1000 euros. Tous sauf les surveillants. 

Une injustice pour les professeurs qui ont décidé de renverser une partie de leur indemnité à leurs collègues assistants d’éducation. Comme un tiers de ses collègues, Mathieu Bechu Diaz n’a pas hésité une seconde à reverser la moitié de sa prime aux surveillants. Des collègues en première ligne dans ce quartier difficile de Strasbourg 

"Eux-mêmes sont confrontés à ces mêmes problématiques si ce n’est plus. Quand il y a une bagarre, ce sont eux qui interviennent", explique-t-il. 

Une véritable injustice pour le prof de Français, qui comprend quand même les réticences de certains enseignants. "C’est vrai que partager, donner 200, 600 euros, ça dépend pour qui, c’est quand même une démarche individuelle qui nous touchent personnellement. Mais l’inégalité subis par nos collègues qui ne touchent pas cette prime est inadmissible", affirme-t-il. 

Un double objectif

Près de 5000€ ont déjà été récoltés. Un bel élan de solidarité, mais pour Séverine Charret l’objectif est double.

"C’est à la fois un acte de solidarité, mais c’est aussi une façon d’interpeller notre ministère sur une injustice dans le traitement du personnel de l’éducation nationale" explique cette professeure d’histoire-géographie.

Les enseignants prévoient désormais de remettre un chèque géant à leurs collègues surveillants. 

Robin Dussenne avec Guillaume Descours