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AESH: la maman d'une fillette autiste dans une situation absurde face à l'Éducation nationale

Si l'école est supposée être un droit pour tous en France, de nombreux enfants en situation de handicap ne peuvent pas y aller, faute d'accompagnants spécialisés. Anne, maman d'une fillette de 8 ans atteinte d'autisme, a elle-même trouvé une AESH et accepte de la payer avec ses propres fonds. Et pourtant, l'Éducation nationale bloque.

Anne, maman d'une fillette de 8 ans atteinte d'autisme, se trouve dans un impasse incompréhensible. Comme de nombreux enfants en situation de handicap, la petite fille ne peut pas aller à l'école car il n'y a pas assez d'AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap).

Elle aurait dû faire sa rentrée en CP cette année, mais n'a toujours pas mis un pied dans une classe depuis septembre. "Ça me met en difficulté. Moi, je n’ai pas décidé de faire l’école à la maison pour mon enfant, ce n’est pas un projet de vie que j’ai", se désole Anne.

Consciente de la pénurie d'AESH, elle a décidé de prendre les choses en main. Elle a donc trouvé elle-même une accompagnante, ainsi qu'une association qui peut signer une convention d'accueil avec l'Éducation nationale. La mère de famille accepte même de payer avec ses propres fonds.

Il manquerait 1.300 AESH dans le Val-de-Marne

Pourtant, sa demande est bloquée au rectorat du Val-de-Marne depuis la rentrée. Face au mur, elle a contacté les équipes de "RMC s'engage pour vous".

"Je mets en place tout ce qui peut faciliter l’intégration ou l’inclusion de mon enfant au sein de l’école. Tout ce que je veux, c’est qu’on puisse me signer le papier, c’est tout ce que je demande", s'agace-t-elle.

D'après le collectif des Parents du 94, il manquerait 1.300 AESH seulement dans le Val-de-Marne. Ce métier attire peu car il est uniquement à mi-temps et donc mal payé: moins de 900 euros par mois.

Pourquoi, maintenant qu'Anne a trouvé elle-même une AESH, le rectorat bloque-t-il toujours? C'est incompréhensible pour Stéphanie Valentini, présidente de l’association Cap Handi Cap, qui aide les parents comme Anne à trouver des accompagnants privés.

"Je ne comprends pas pourquoi ils font barrière"

"Vu la pénurie d’AESH dans l’Éducation nationale, c’est une chance que nous, on arrive à trouver des personnes qui veulent bien travailler avec nos enfants. Il nous arrive de demander l’embauche aussi à l’Éducation nationale de ces personnes parce qu’il y a des personnes qui n’ont pas les moyens financièrement de payer du privé. On leur amène de l’humain donc à un moment, je ne comprends pas pourquoi ils font barrière", déplore-t-elle.

La situation n'est pas unique. Une vingtaine de familles sont actuellement en attente de scolarisation de leurs enfants avec un accompagnant privé.

Contactée par les équipes de "RMC s'engage pour vous", la direction académique a admis qu’il y avait bien eu une série de problèmes dans ce dossier. Elle présente ses excuses, dit ne pas savoir précisément ce qu'il s’est passé, mais assure avoir pris des mesures pour y remédier.

L'association devrait avoir un retour de la direction de l'Académie avant la fin du mois de décembre.

AB avec Amélie Rosique