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Augmentation du budget de l'Education nationale: les syndicats d'enseignants sceptiques

Le budget de l'Éducation nationale devrait drastiquement augmenter en 2023. Le gouvernement promet 2.000 euros nets de salaires pour tous les enseignants. Mais ces derniers ne sont pas convaincus.

Lundi matin, dans les colonnes du journal Les Echos, Gabriel Attal, ministre chargé des Comptes publics, a dévoilé les contours du budget de l'Etat pour l'année 2023. Parmi les grands gagnants, la sécurité, l'emploi ou encore la transition écologique. Mais surtout, l'Éducation nationale, qui voit son budget augmenter de 3,6 milliards d'euros. Une hausse de budget historique pour le ministère de la rue de Grenelle à Paris.

Malgré une hausse historique du budget de l'Éducation nationale, c'est le scepticisme qui domine chez Sophie Vénétitay, la secrétaire générale du SNES-FSU, un syndicat d'enseignants.

“On nous a déjà fait le coup des grandes déclarations avec des grands adjectifs. Mais il va vraiment falloir des actes très concrets notamment en matière salariale”, assure-t-elle.

Pour elle, les salaires, c'est bien le nœud du problème même si le gouvernement promet 2000 euros nets par mois pour tous les enseignants. “C’est un début, ça va dans le bon sens, mais ce n’est pas suffisant. Très vite, on va se retrouver dans la situation où les étudiants débutants vont gagner voire plus que des enseignants qui ont 14 ans de carrière”, dénonce-t-elle.

Un manque de professeurs à combler

Ces 3,6 milliards d'euros en plus en 2023 doivent aussi permettre de recruter des enseignants, alors que, selon le ministère, 4000 postes n'ont pas été pourvus lors des concours cette année. Un réel point d'inquiétude en vue de la rentrée pour Sophie Vénétitay.

“Aujourd’hui, l’Éducation nationale est certainement la plus grande enseigne de bricolage de ce pays vu tout ce qui est mis en place pour essayer de faire tenir la rentrée. Mais ce n’est pas l’ambition qu’on doit avoir pour l’Éducation nationale”, appuie-t-elle.

Mais le ministère de l'Éducation nationale l'assure, il y aura bien un professeur devant chaque classe à la rentrée.

Paul Barcelonne avec Guillaume Descours