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"C'est dommage de devoir en arriver là pour que les gens se bougent": un an après s'être immolé devant son Crous de Lyon, Anas ne regrette pas son geste

TEMOIGNAGE RMC - Il y a un an, le 8 novembre, un étudiant tentait de s'immoler devant son Crous à Lyon avant d'être transporté aux urgences. Un geste de détresse psychologique et économique, il venait de perdre sa bourse.

Le visage d'Anas est méconnaissable, brûlé comme 75% de son corps l'étudiant a encore des plaies ouvertes sous un bandage autour de son crâne et a perdu plusieurs doigts. Un an après s'être immolé devant son Crous à Lyon alors qu'il venait de perdre sa bourse, il est conscient de la gravité de son geste désespéré, mais il ne le regrette pas :

"C'est dommage de devoir en arriver là pour que les gens se bougent. Mais, en même temps, je suis heureux que les gens aient bougé, que l'on ait pu gratter des miettes.
C'est un sacrifice très lourd par rapport à ce que c'est. Mais au moins, on aura réussi à obtenir ça", assure-t-il à RMC depuis son centre de rééducation où il est suivi chaque jour.

"La réaction du gouvernement sera toujours insuffisante par rapport à nos brûlures"

Car pendant qu'il passait des mois dans le coma, qu'il subissait 48 opérations
les étudiants ont obtenu des avancées: les repas à un euro pour les étudiants boursiers notamment mais Anas juge que la réponse du gouvernement n'a pas été à la hauteur:

"Oui, il y a les repas à un euro... mais c'est insuffisant. La réaction du gouvernement sera toujours insuffisante par rapport à nos brûlures", déplore-t-il.

Ce militant syndical vient de reprendre ses études et compte plus que jamais lutter contre la détresse et la précarité des étudiants, "c'est ma vie d'aider les autres", dit-il. Il veut encourager les étudiants à se mobiliser contre la précarité étudiante car de nombreux jeunes perdent leur emplois avec le confinement.

Nicolas Traino (avec Guillaume Dussourt)