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"Ce n'est pas un débat, c'est un monologue!": Philippe et Blanquer chahutés par des enseignants lors d'une réunion à Nancy

Le Premier ministre a finit par quitter la salle au bout d'une heure, laissant Jean-Michel Blanquer seul face aux enseignants.

Vendredi à Nancy, le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer ont tenté de défendre la réforme devant une cinquantaine d'enseignants. Mais le débat a été très houleux. Le chef du gouvernement et son ministre étaient venus pour expliquer la réforme, rassurer les profs mais l'échange a tourné court. Dès le début, Edouard Philippe a été interrompu : "Ce n'est pas un débat, c'est un monologue", a lancé un enseignant. "J’essaie de répondre, j’essaie de le faire calmement et je suis sûr que vous êtes capable de le faire aussi", lui a répondu le chef du gouvernement.

Un membre de la sécurité du Premier Ministre a tenté de calmer le professeur mais un quart d'heure plus tard, c’est Jean Michel Blanquer qui a été interrompu alors qu’il évoquait la promesse d'une revalorisation des primes des enseignants. "Il est fort probable que les augmentations qui auront lieu seront des augmentations de primes", assurait-t-il avant que le brouhaha reprenne. "C’est important qu’on s’écoute", a plaidé le ministre de l’Education nationale.

"Vous nous écoutez parce que nous sommes dans la rue et que vous avez peur"

"Vous ne nous écoutez pas parce que vous pensez que nous avons des choses intéressantes à dire, vous nous écoutez parce que nous sommes dans la rue et que vous avez peur", a lancé une enseignante remontée. "Non je n’ai pas peur mais j’écoute avec attention", lui a répondu Edouard Philippe, avant de quitter la salle au bout d’une heure seulement, laissant Jean-Michel Blanquer seul face à la colère des enseignants.

Tout comme les cheminots, les enseignants protestent contre la réforme des retraites. Les syndicats de la profession estiment que Jean-Michel Blanquer entretient le "flou", et dénoncent des compensations sans garanties, craignant une baisse de leurs pensions.

Pierrick Bonno (avec Guillaume Dussourt)