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Encadrement des écoles hors-contrat: "Il faut que l’on s’assure qu'elles respectent les règles de la République

Pour lutter contre "l'embrigadement", le parlement a adopté un texte de loi renforçant l'encadrement des écoles privées hors-contrat. Le texte rend désormais plus difficile l'ouverture d'une école et renforce les contrôles et les sanctions.

Le gouvernement va renforcer l’encadrement des écoles privées hors-contrat. Le parlement a adopté un texte de loi jeudi dans ce sens. Une proposition de loi du centre, soutenue par le gouvernement comme un outil contre "l'embrigadement" des écoles confessionnelles. "Ce texte va permettre de faire évoluer le régime d’ouverture d’école qui date de 1919. Dans notre pays, il y a une liberté d’enseignement, chacun est libre d’ouvrir une école et il est plus facile aujourd’hui d’en ouvrir une qu’un bar ou un pressing", explique Françoise Gatel, sénatrice UDI.

Pour la député, ce texte de loi doit permettre de s'assurer que "les enseignants respectent les règles de la République", et qu'ils n'enfreignent pas l'ordre public.

"La marginalité n’est pas tolérable"

"Aujourd’hui, à peine un quart des établissements sont contrôlés et on a des exemples d’écoles où l’on a vu de l'embrigadement. Il y aussi des écoles qui ont des postures révisionnistes où l’on va expliquer par exemple, que Pétain a sauvé la France en 1940. Ces établissements sont peu nombreux mais vous ne pouvez pas laisser votre enfant dans une école, sans savoir ce qu’il va se passer pendant des années", explique-t-elle.

Avec cette nouvelle loi, le gouvernement entend surtout lutter contre l’embrigadement islamiste: "Le gouvernement a mis cette loi dans son plan de lutte contre la radicalisation. L’école privée hors-contrat fait partie de ces sphères où l’Etat doit être vigilant (…) C’est une réalité qui a déjà été mise en évidence. Ces écoles sont extrêmement marginales, mais la marginalité n’est pas tolérable", ajoute Françoise Gatel.

De son côté, Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l'école, assure que "les écoles musulmanes sont un peu contrôlées, les écoles catholiques et Montessori sont extrêmement contrôlées", ajoutant que "les enfants juifs sont obligés de quitter les écoles publiques".

73.500 élèves concernés

Cette proposition de loi fait déjà réagir. Marc Le Fur, député Les républicains, a déjà jugé "scandaleux" que l’on compare "ceux qui défendent les langues régionales à des terroristes". Un simple quiproquo, assure Françoise Gatel: "Dans une conversation il a cru que l’on confondait ou assimilait les écoles où l’on enseigne les langues bretonnes notamment, à des écoles où l’on enseigne l’islamisme radical".

En 2017, 150 nouvelles écoles hors-contrat ont ouverte. En 2010 il y en avait 800. On en compte aujourd’hui 1.300 au sein de l’hexagone, qui accueillent 73.500 élèves.

Bourdin Direct (avec G.D.)