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Formation professionnelle: Charles voulait être agent de sécurité, mais Pole Emploi lui proposait de devenir... ingénieur

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a présenté lundi une réforme de la formation professionnelle. Si les objectifs de ce "big bang" annoncé sont prometteurs, certains demandeurs d'emploi ont parfois le choix dans des formations... qui ne leur correspondent pas.

Un "big bang"... Voilà comment la ministre du travail qualifie sa réforme de la formation professionnelle. Le texte doit reprendre les mesures actées par les partenaires sociaux dans leur accord signé dans la nuit du 21 au 22 février. Ainsi, le compte personnel de formation sera plus fourni: 35 heures de formation par an au lieu de 24 aujourd'hui et un plafond de 400 heures, au lieu de 150. Les moins qualifiés, eux, pourront bénéficier d'un total de 800 heures de formation.

La ministre ne veut pas se contenter de nouveaux droits, elle souhaite également réformer, simplifier le système entier de la formation professionnelle, jugé complexe, et opaque. Autre nouveauté: une application smartphone devrait voir le jour pour recenser, et noter, toutes les formations disponibles. Des offres, qui, aujourd'hui, ne correspondent pas forcément aux attentes des demandeurs d'emploi, comme a pu le constater RMC. 

Infographiste pendant des années, Charles décide, lors d'une période de chômage de se former à un autre métier. Il reçoit alors une proposition de Pôle Emploi. "Ils m'envoient un courrier dans lequel ils me disent: 'Monsieur, nous vous avons trouvé une formation pour tout ce qui concerne le ménage, la propreté', mais c'était un boulot d'ingénieur. Ils m'ont dit qu'ils avaient vu ça avec mon CV".

"Identifier la bonne formation pour la bonne personne"

Problème: il n'y a que trois postes proposés dans cette branche. Charles, lui, voudrait devenir d'agent de sécurité. Pôle Emploi refuse, il est contraint de trouver un plan B. "Avec l'aide financière familiale, je me suis auto-financé ma formation d'agent de sécurité". 

Charles n'est pas un cas isolé, ce décalage entre les propositions de Pôle Emploi et les envies des chômeurs est fréquent. Emmanuelle Peres est directrice générale de la Fédération de la Formation professionnelle et souhaite, grâce à ce nouveau plan du gouvernement, des améliorations:

"Il n'est pas normal que pour les demandeurs d'emploi l'accès aux formations soit si compliqué. La durée d'entrée en formation est de sept mois. Il ne s'agit pas seulement de mettre de l'argent dans le système, il faut également redonner de l'autonomie aux personnes et identifier la bonne formation pour la bonne personne".

En 2016, seuls 14% des chômeurs ayant reçu une formation ont retrouvé un emploi. 

Elisa Bartholomey et Pierre Rigo & X.A