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Fournitures, habits... La débrouille et l'entraide des parents pour contourner le coût de la rentrée

Tandis que l’inflation touche le porte-monnaie de tous les Français, les parents d’élèves subissent notamment la hausse des prix à l’approche de la rentrée des classes. Alors pour certains, il faut faire preuve de débrouillardise pour s’en sortir.

La rentrée c'est (déjà) jeudi! Et pour ceux qui ont déjà terminé les emplettes de la rentrée, le porte-monnaie semble bien vide après ces achats. En effet, selon les chiffres de l’association Famille de France, le coût des fournitures a augmenté de 4,25% en moyenne pour un élève de 6e cette année.

Chez certaines familles, avec ces prix qui explosent, c'est devenu la débrouille pour assurer le minimum pour la rentrée.

Il y a notamment l’entraide qui prime pour les parents d’élève(s), à l’image d’Aisha, habitante de La Courneuve (Seine Saint-Denis). Afin de fournir le matériel scolaire nécessaire à ses six enfants, Aisha explique qu’avec sa “voisine, on s’entraide. Si elle a quelque chose que moi je n’ai pas, elle me le donne. Des cahiers, des stylos, des gommes, etc…”.

Actuellement en congé parental, Aisha a pourtant reçu 1.600 euros d'aides pour la rentrée scolaire. Toutefois, “cela ne suffit pas, il faut plus d’aide”. Son mari travaille et gagne un salaire basé sur le SMIC, ce qui rend difficile le financement de l’année scolaire pour les six enfants du couple avec ce seul salaire.

“Les enfants aiment bien être au centre de loisirs, ça fait du bien car ils font des sorties, ils font plein de choses ensemble, mais là cette année je ne les ai mis qu'à la cantine. C’est hallucinant mais on ne peut pas, on a arrêté ”

“Remonter le moral des enfants”, une priorité pour les parents

Pour certains, la cantine est aussi devenue un luxe à offrir à leurs enfants, comme c’est le cas pour Fatou, une autre habitante de La Courneuve. Pour elle, “ce n’est pas possible de les mettre à la cantine. En tout cas mes cinq enfants mangeront à la maison, je ferai la cuisine et le midi ils viendront manger. C’est hors de prix”, explique la mère de famille.

Pas de cantine donc, et pas de foot non plus cette année. Fatou ne peut plus se permettre de payer le prix des licences pour inscrire chaque enfant au club du coin. “Chaque fois, je les inscrivais au foot, là ils ne feront pas de foot. Peut-être que les enfants iront au centre de loisirs tous les mercredis, pour au moins avoir une petite activité, bouger un peu”, explique la mère de famille avec dépit.

Car pour elle, face à cette privation, il est nécessaire de “remonter le moral des enfants” pour “qu’ils ne sentent pas trop ça. Ils sont encore petits pour vivre ça, ils n’ont pas à vivre ça en fait” assène Fatou.

Un point de vue que partage une autre mère de famille courneuvienne un peu plus loin, Siham. Grâce à une association de quartier, elle pourra offrir deux cartables neufs à ses enfants. Mais c'est tout ce que cette maman pourra fournir à ses deux enfants.

Et pourtant, la rentrée, avant, était toujours un grand moment. “C’est toujours le coiffeur avant, surtout avec le garçon. Il y a des chaussettes, des vêtements et tout cela. Mais je vous dis la vérité, je ne peux pas. Avec les charges, le loyer, je ne peux pas”.

Siham se fait toutefois une promesse : celle de trouver un travail au plus vite, pour dit-elle pouvoir financer les prochaines sorties scolaires de ses enfants.

Alfred Aurenche, avec A.L.