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Grogne des enseignants: vers une grève pendant le bac?

Après plusieurs manifestations sans résultats, certains enseignants sont bien décidés à faire grève le 17 juin pour le lancement du baccalauréat.

Nouvelle journée de mobilisation des enseignants ce jeudi contre la réforme Blanquer. La mobilisation pourrait, dans certains cas, entraîner la fermeture totale d'écoles. Dans certains établissements, des enseignants mènent depuis plusieurs semaines des "actions de désobéissance" dans toute la France pour montrer leur désapprobation face à cette réforme.

De semaine en semaine, le projet de loi pour une Ecole de la confiance porté par le ministre de l'Education, suscite de plus en plus de colère et d'inquiétude.

Pour créer plus de continuité du CP à la 3ème, le gouvernement veut regrouper une ou plusieurs écoles élémentaires avec un collège situé à proximité. Dans ces nouvelles structures, les directeurs d'école vont-ils disparaître comme le redoutent les syndicats? Non, si l'on en croit le texte de loi, il y aura bien un seul chef d'établissement mais il sera épaulé par un directeur-adjoint, chargé de l'école primaire.

Autre crainte, ces super-établissements vont-ils être généralisés, sans l'accord des directeurs d'école? C'est faux, répond le gouvernement. Le dispositif ne sera pas obligatoire, l'accord des élus et de la communauté éducative sera indispensable. Le problème, c'est que le texte de loi est très flou sur le sujet, il précise seulement que les modalités seront fixées par décret.

"Il faut monter le ton d'un cran"

Alors certains profs sont prêts à aller plus loin dans la mobilisation. Les manifestations, les grèves à répétition contre la réforme du lycée, Jean-Francois Dejours, professeur de philosophie, n'y croit plus: "Ce n'est pas quand on fait des manifestations très polies, qu'on chante nos petits slogans qu'on est entendus. Malheureusement, ce n'est pas comme ça que ça marche. Donc il faut monter le ton d'un cran".

Et monter le ton d'un cran, c'est faire grève dès le premier jour du bac, le 17 juin: "On fera réquisitionner par le préfet s'il le faut mais on se met en grève. Après ce qui peut être intéressant c'est: est-ce qu'on se met en grève pendant la période de correction des épreuves? Et ensuite, est-ce qu'on est en grève au moment où on doit saisir les notes? Ça peut aller beaucoup plus loin que le 17 juin. Là il faut qu'on le fasse".

Dès ce jeudi, une grande consultation est organisée par le syndicat enseignant Snes-Fsu pour savoir si oui ou non il faut faire grève le 17 juin.

Une consultation inédite face à la surdité du ministre de l'Education nationale selon Frédérique Rolet secrétaire nationale du Snes-FSU: "Le ministre n'ouvre toujours aucune concertation, ne semble prêt à aucune négociation, aucune évolution de sa réforme. J'espère que le ministre va prendre conscience que c'est une modalité qui est très rare et que ça a un vrai sens de le faire".

Les résultats de cette grande consultation sont attendus le 7 mai prochain.

Romain Poisot et Juliette Droz