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Il rejette les stagiaires français et recrute en Belgique: "Ils sont mieux formés et peuvent tout faire"

Le patron d'une menuiserie installé à Halluin, près de la frontière franco-belge, avoue recruter uniquement des stagiaires et des apprentis belges. Et ce, malgré la présence d’un lycée professionnel dans sa commune. Il s'explique sur RMC.

Les élèves en lycée professionnel belge sont-ils mieux formés que les élèves français? Pour un chef d’entreprise nordiste, la réponse est oui. Philippe Cailleux dirige une menuiserie à la frontière franco-belge, à Halluin, près de Tourcoing (Nord) et il le revendique: il ne prend que des stagiaires venus d’établissements belges, malgré la présence d’un lycée professionnel dans sa commune. Il considère que les stagiaires belges sont mieux formés et surtout que les contraintes administratives qui les concernent n’handicapent pas leur formation dans l’entreprise, contrairement aux règles trop strictes qui s’appliquent pour les stagiaires issus d’établissements français.

"Un Français ne peut rien faire"

Sur RMC, il assène: "Un Français ne peut rien faire". "C'est lié essentiellement à l'inspection du travail. Un jeune peut utiliser une machine, mais seulement après qu'il soit passé à la médecine du travail, qu'il y ait eu des formations diligentées... Bref 6 ou 8 mois après, et pendant ce temps-là il ne faut pas oublier que l'entreprise le paie".

Mais ce n’est pas tout. La formation côté belge répond selon lui davantage aux besoins des entreprises. Philippe Cailleux explique: "Un jeune issu de la formation belge est opérationnel beaucoup plus rapidement parce qu'il peut utiliser les machines et il peut fabriquer. C'est une formation beaucoup plus complète côté belge que côté français".

"Nos élèves manipulent des machines dès les premiers cours"

Chez nos voisins belges, le temps d'enseignement pratique n'est pas plus élevé qu'en France, mais la formation est plus adaptée aux besoins à en croire Fabrice Verslype le directeur d’un établissement scolaire belge. "Nos élèves commencent leur formation à 14 ou 15 ans et peuvent dès les premiers cours manipuler les machines. Donc quand ils arrivent en entreprise ils ont déjà une expérience". Ce directeur d'établissement croule sous les demandes françaises pour recruter des stagiaires. La moitié de ses élèves sont recrutés par des entreprises hexagonales.

Philippe Gril avec Lionel Top