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"Je tremble tellement ça me fait mal": l'émotion d'une étudiante noire, ciblée par des insultes racistes

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Des étudiants noirs de l'université de Metz sont confrontés à des comportements racistes de la part d'autres étudiants. L'université va ouvrir une enquête administrative.

Des propos racistes, haineux envers des étudiants. L'Université de Lorraine s'apprête à ouvrir une enquête administrative, après avoir été alertée sur des échanges de propos et de vidéos racistes entre des étudiants. 

Depuis le début de l’année, plusieurs étudiants de couleur noire de deuxième année de sociologie de l’université de Metz sont victimes de harcèlement et de racisme de la part de certains de leurs camarades. Un groupe privé Messenger a été ouvert l'an dernier. Il s'est transformé en déversoir de propos et de vidéos racistes.

L'affaire a été révélée "à l'occasion d'une sortie, quand une jeune fille a pris des captures d'écran des conversations de ce groupe et les a postées sur les réseaux sociaux" selon David Diné, directeur de la communication de l’Université.

Diaby a 22 ans. Elle est venue en France, à Metz, pour étudier. Elle décrit une ambiance délétère en 2e année de sociologie. 

"Ils ne voulaient pas qu’on fasse parti de leur groupe. Les noirs, c’est d’un côté, les blancs de l’autre côté. Personne ne s’assoit ensemble", explique-t-elle. 

Sur ce groupe de discussion, on retrouve des comportements douteux, des insultes. "On nous traite de bonobos. On nous dit les gros singes, quand on passait, ils se parfumaient pour dire qu’on puait", témoigne-t-elle. 

Une action prévue mardi 

Du harcèlement permanent, et certains de ces étudiants ne viennent plus à l'université par peur des brimades. "Nous tous on est là pour étudier. On quitte notre pays, on laisse notre famille là-bas avec tous les problèmes, on travaille. Je tremble tellement ça me fait mal", confie-t-elle. 

Des étudiants qui vont porter plainte. Ils seront soutenus par l'association SOS Racisme qui se portera partie civile. Dominique Sopo en est son président. 

"Nous espérons que la Fac de Metz prendra non seulement des sanctions rapidement, que la justice agira également rapidement et qu’il y aura aussi un travail pédagogique", demande-t-il. 

Et justement, les étudiants attaqués mèneront une action sur le campus, mardi prochain, pour alerter et dénoncer ces actes racistes. "Tolérance zéro face à ces comportements inacceptables sur nos campus comme ailleurs", a réagi dans un tweet la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. "Toute ma confiance à l'Université de Lorraine, qui, je le sais, réagira rapidement et avec une grande exemplarité pour faire sanctionner les auteurs", a-t-elle ajouté.Des comportements douteux, des insultes. 

Rémi Ink avec Guillaume Descours