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Mort d'une directrice de maternelle: des lettres faisaient état de son épuisement total

L'enquête privilégie la thèse du suicide. Une autopsie a été menée mardi mais les résultats n'ont toujours pas été publiés.

Le corps d’une directrice d’école maternelle a été retrouvé dans le hall de son établissement à Pantin en Seine-Saint-Denis. La thèse du suicide est pour l’instant privilégiée. Une thèse qui semble être confirmée par la lettre qu’on reçut les directeurs d’école de la ville de sa part. Elle dénonce un épuisement total et manque de soutien. 

Un quotidien insoutenable, rythmé par la multiplication de tâches administratives chronophages et toujours plus complexes. Voilà ce que décrit cette directrice d'école dans sa lettre d'adieu. "Il y a toujours des petits soucis à régler, et bien au-delà du temps rémunéré. On ne sait plus ce qu'on fait", écrit-elle.

Une directrice expérimentée

Elle insiste ensuite sur la solitude des directeurs d'école dans la gestion de leur établissement, face aux familles, aussi. La directrice de 58 ans dénonce le manque de protection de l'Institution, comprenez le ministère de l'Éducation. "L’idée est de ne pas faire de vague et de sacrifier les naufragés dans la tempête", précise-t-elle, avant de signer, "Christine Renon, directrice épuisée". Elle était pourtant expérimentée, dévouée à son travail, célibataire, sans enfant. 

Elle aurait aussi connu des décès dans son entourage, provoquant "de fortes lésions personnelles et sentimentales" selon une source proche de l'enquête.

Martin Bourdin avec Gwladys Laffitte