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Violences contre les enseignants: "J'ai été menacée par deux jeunes avec une arme à feu"

Agressée sur son lieu de travail il y a plus de 10 ans, cette professeur d'EPS a gardé un souvenir intacte de son agression. Elle se rappelle également ne pas avoir été soutenue par sa direction.

Les violences contre les enseignants sont en forte augmentation. Selon le baromètre annuel de l’Autonome de solidarité laïque, les violences sont en hausse de 7% sur l’année 2018. Au total, selon Le Figaro, 4883 dossiers ont été ouverts cette année et deux tiers de ces dossiers sont des insultes, menaces ou encore des propos diffamatoires. 

Pourtant, ce phénomène est loin d’être nouveau comme le raconte cette professeure d’EPS. Elle raconte avoir été menacée par deux jeunes avec une arme à feu il y a de ça une dizaine d’années à Marseille. 

"J’ai pris sur moi. Il faut gérer. Je suis une femme et je suis dans les quartiers nord et je connais très bien la population qui y vit. J’ai dû gérer mon groupe, le ramener à l’établissement. Je n’ai pas dormi ensuite pendant 24 heures voire plus", indique-t-elle, précisant que sur les conseils de son syndicat elle est allée porter plainte 48 heures plus tard.

Elle pointe d’ailleurs du doigt l’attitude de son proviseur qui n’est pas entré en contact avec elle pendant ces 48 heures. "Il ne s’est manifesté que quand il a su que j’étais en train de porter plainte en me disant ‘j’ai vu les jeunes, ne t’inquiètes pas, c’était une arme factice’", explique-t-elle.

Les parents encore plus violents

Après cette affaire, Anne a demandé sa mutation estimant qu’au vu de la situation, elle ne pouvait plus rester dans cet établissement. Pour cette professeure d’EPS, c’est après le 11 septembre 2001 que ce type d’actes a commencé à se multiplier. Alors qu’elle avait 90% de ses élèves qui étaient d’origine Maghrébine ou comorienne, elle a senti que le choc des cultures d’un point de vue de la religion ainsi qu’une remise en question du rôle de la femme dans la société devenaient plus importants. 

Enfin, elle estime que la place accordée aux parents d’élèves dans les établissements est devenue trop importante.

"Actuellement, on en est à se justifier sur les notes que l’on met à nos élèves", affirme-t-elle. 

Des propos qui font écho à un chiffre mis en valeur dans le baromètre. Les parents d'élèves et responsables légaux sont à 55% les auteurs des agressions sur les professeurs. 

Guillaume Descours