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Parcoursup: "On se dit qu’on n'aura rien, et qu'on va devoir changer de projet professionnel"

Nous sommes déjà fin juillet, mais pour certains, les vacances n'ont pas encore commencé. Des milliers de lycéens consultent toujours la plateforme d'admission dans l'enseignement supérieur: Parcoursup.

Vœux en attente, phase complémentaire... Ils sont à peu près un lycéen sur cinq à ne pas savoir où ils passeront leur prochaine rentrée.

En cause: les 122.185 candidats qui ont acceptés une proposition mais qui gardent certains vœux en attente, au cas où une place se libère, et préfèrent donc patienter.

"Il n'y a pas de classement des vœux contrairement à APB, les élèves ont le dernier mot et beaucoup sont attentistes", précise Gilles Roussel, président de la Conférence des Présidents d'Universités.

"Parcoursup, c’est devenu un rituel"

De quoi bloquer le choix final de nombreux étudiants. C'est le cas de Clément, 19 ans. Baccalauréat scientifique en poche, il n’est toujours pas fixé sur ce qu’il va faire à la rentrée. Tous ses vœux sont "en attente". Impossible pour lui de profiter pleinement de son été: "Dès que je me lève, c’est directement ordinateur, Parcoursup, c’est devenu un rituel. On prend vite l’habitude".

"On a vraiment envie de poursuivre notre voie mais le problème c’est que Parcoursup peut nous bloquer"

Une habitude car si une place se libère dans la formation qu’il souhaite, des études d’informatique, il n’aura que trois jours pour y répondre. Clément n’arrive pas à être serein en pensant à la rentrée et se pose de nombreuses questions.

"Au final, on se dit qu'on aura rien, si ça se trouve on ne pourra pas continuer, on va devoir aller voir ailleurs, changer ce qu'on avait prévu, changer de projet professionnel, se remettre en question. Mais t’as pas forcément envie de te remettre en question. On a vraiment envie de poursuivre notre voie mais le problème c’est que Parcoursup peut nous bloquer".

"On vit avec ça au quotidien depuis qu’il a eu son bac"

Si la plateforme Parcoursup est source de stress pour le jeune bachelier, elle l’est aussi pour son père, Bertrand.

"On vit avec ça au quotidien depuis qu’il a eu son bac. Le problème c’est que nous on attend aussi pour savoir où il va aller parce que après c’est au niveau des logements tout ça. C’est pas évident pour nous, ça bloque tout le monde".

Et l’attente risque d’être encore longue car la fin de la procédure n’est prévue que le 5 septembre.

Alice Froussard (avec C.P.)