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Service national obligatoire: "C'est dégueulasse de mettre 3 milliards sur un dispositif qui ne marchera pas"

Invité ce mercredi de Bureau de vote, Jimmy Losfeld, président de la Fage, la fédération des associations générales étudiantes, a expliqué en trois points en quoi le service national obligatoire était selon lui préjudiciable pour les jeunes.

Emmanuel Macron a mis fin à la cacophonie autour du service nationale universel – une de ses promesses de campagne. Mardi, le président de la République a souhaité que le service soit "obligatoire, ouvert aux femmes et aux hommes" pouvant avoir "une ouverture sur la chose militaire", mais "dont la forme pourra être civique". Pour Jimmy Losfeld, président de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes) invité de Bureau de vote sur RMC, ce service national est une erreur. "C'est vraiment l'inverse de ce à quoi aspire la jeunesse d'aujourd'hui. La jeunesse d'aujourd'hui aspire à avoir du sens dans son engagement, dans son éducation, dans son métier", explique-t-il.

"L'inverse de ce à quoi aspire la jeunesse d'aujourd'hui"

Selon lui, le caractère obligatoire de ce service poserait "un problème fondamental": "la rupture de parcours". "S'il est lycéen, il va devoir quitter son lycée ; s'il est étudiant, cela va poser un problème dans ses études ; s'il est en emploi cela va poser problème pour son employeur. Et s'il n'est ni en étude, ni en emploi, qu'il est décrocheur, il existe aujourd'hui la garantie jeune, un dispositif qui permet d'avoir une indemnité et un parcours d'accompagnement pour renouer avec une formation ou un emploi. Donc ça ne répond à aucun des profils des jeunes de cet âge-là".

Autre problème, selon le président de la Fage: le coût d'une telle mesure. "Ça fait 10 ans qu'on demande 1 milliard de plus par an dans l'enseignement supérieur et la recherche. Parce qu'on a besoin de cet argent pour faire face à l'augmentation démographique. On a 2,6 millions d'étudiants aujourd'hui, nous serons 3 millions en 2025. Je trouve ça dégueulasse de mettre 3 milliards sur un dispositif de service national qui ne marchera pas".

P. G. avec J-J. Bourdin