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Tests des élèves dans les écoles primaires: "Il y a des endroits où ça va être difficile", juge François Blanchecotte

A partir de lundi, nouvelle organisation pour gérer les cas positifs à l'école. Désormais, l'enfant contaminé reste chez lui et tous les autres vont se faire tester le plus vite possible pour revenir en classe dès qu'ils obtiennent leur test négatif.

La fin des fermetures systématiques de classes ne soulage que les parents, observe ce directeur d'une école élémentaire. Les infections se multiplient, c'est donc un nouveau casse-tête à venir pour Olivier Flipo à Cergy dans le Val d'Oise.

“Je suis inquiet pour ça bien sûr avec des enfants qui vont arriver ou pas avec leur test, qu’il va falloir vérifier, faire le pointage des élèves qui sont venus et ceux qui ne sont pas venus. Ceux pour lesquels il faut essayer de transmettre le travail qui a été fait durant la journée. C’est quand même relativement compliqué”, appuie-t-il.

Olivier Flipo s'interroge, car laisser des directeurs contrôler des données médicales sensibles a été jugé inconstitutionnel il y a deux semaines. Et puis les expérimentations dans son département ont tourné au fiasco. “C’est devenu complètement ingérable”, assure-t-il.

Mobilisation des laboratoires

Les laboratoires débordés ne peuvent pas toujours venir à l'école tester toute la classe. Dans ces cas-là, il est demandé aux parents de faire tester leurs enfants en ville. 

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Irréalisable, répondait ce vendredi matin François Blanchecotte, le président du syndicat des biologistes sur RMC.

“Ce qui nous inquiète, c’est le niveau scolaire. Là, ça pose un problème. Ce sont des enfants, ça demande beaucoup plus de temps. Il faut avoir une autorisation des parents, déplacer des équipes, faire souvent des tests salivaires parce que les petits, on ne va pas tout le temps leur mettre un écouvillon dans le nez. Et surtout, il faut rendre les résultats très rapidement. Ça demande une organisation à laquelle on avait été confrontée il y a plusieurs mois, mais là, il va falloir réagir très vite et c’est pourquoi les laboratoires vont devoir se mobiliser pour essayer de répondre à cette demande”, indique-t-il.

Il estime cependant que cette mobilisation dépendra sûrement des départements. “Il y a des départements où la population de laboratoire est assez forte, d’autres où il y en a moins, moins d’équipes disponibles aussi. Donc il y a des endroits où ça va être difficile, je ne vous le cache pas”, insiste-t-il.

Et dans les pharmacies, très occupées à vacciner, on ne pense pas non plus avoir le temps de tester tous ces enfants.

Nicolas Traino avec Guillaume Descours