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Emmanuel Macron et son gouvernement criminalisent l'action des bénévoles associatifs

Les propos d'Emmanuel Macron contre l'ONG LifeLine, responsable selon lui de faire le jeu des passeurs en venant en aide à 233 migrants en Méditerranée, a provoqué la colère de 4 ONG qui demandent à être reçues par le chef de l'Etat. Parmi elles, MSF, dont l'un de ses membres était invité de Bourdin Direct ce jeudi.

Quatre ONG demandent à être reçues par Emmanuel Macron après ses critiques contre le travail de LifeLine en Méditerranée. Le chef de l'Etat a accusé l'ONG LifeLine de "faire le jeu des passeurs" en refusant de remettre les naufragés à la Libye, selon la procédure établie. Le bateau avec 233 migrants à bord est finalement arrivé mercredi en fin d'après-midi dans le port de La Valette à Malte, après une semaine d'attente en Méditerranée. La France a annoncé qu'elle accueillerait une partie de ces migrants.

Médecins sans frontières, qui vient en aide aux migrants, fait partie des quatre ONG qui demandent à être reçues par le président de la République. Michaël Neuman, directeur d’études au Centre de réflexion sur l'action et les savoirs humanitaires de MSF, était l'invité de Bourdin Direct ce jeudi. Pour lui, "Emmanuel Macron et son gouvernement criminalisent l'action des bénévoles associatifs. On le voit à la frontière franco-italienne, dans le Pas-de-Calais ces derniers mois... Et là, avec ses déclarations contre l'ONG LifeLine et plus généralement les organisations qui font du secours en Méditerranée, il entreprend une décrédibilisassions de ces opérations de sauvetages".

"Il ne s'agit pas de laisser les gens crever"

"On n'est pas là pour encourager [les migrants] à venir en Europe, assure Michaël Neuman. Mais on n'est pas là pour les ramener en Libye où ces personnes sont torturées dans des centres de rétention. Emmanuel Macron lui-même a reconnu que des crimes contre l'humanité se déroulaient en Libye à l'encontre des migrants. Et c'est dans ces mêmes endroits que l'Italie, Macron et l'Union européenne vont tenter de ramener ces gens".

"Il faut trouver des alternatives aux passages en mer. Aujourd'hui la seule option pour les gens détenus dans ces conditions sordides en Libye, c'est de fuir, de sortir par la mer. Il ne s'agit pas de laisser les gens crever. Donc du point de vue des opérations de secours, il n'y a pas beaucoup d'options", explique Michaël Neuman.

P. G. avec J-J. Bourdin