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Faut-il dissoudre l’Assemblée nationale? Ça fait débat sur RMC

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Pour 36% des Français interrogés, il faut dissoudre l'Assemblée nationale. La proposition revient régulièrement chez les "gilets jaunes". Mais est-ce crédible et surtout est-ce possible?

La Constitution prévoit 3 cas de figure majeurs pour casser le mandat exécutif avant son terme. D'abord, le président peut démissionner, sans justification particulière. L’Assemblée peut lancer une procédure de destitution à son encontre. Ou enfin, le président peut décider de dissoudre l’Assemblée. C’est prévu à l’article 12 de la Constitution. Cela s’est produit 5 fois sous la Ve république. En 68, notamment, après les événements de Mai. Et en 97, sous Jacques Chirac.

Deux présidents dont ferait bien de s’inspirer Emmanuel Macron selon le délégué du Rassemblement national Jean-Lin Lacapelle:

"Si M. Macron avait autant de dignité et de hauteur que ces présidents de la République, qu'il le fasse, qu'il y aille. On a une crise démocratique, le peuple français ne se retrouve pas dans les institutions qui sont censés les représenter. La majorité des Français soutient les 'gilets jaunes' qui est l'incarnation de la colère des Français. Ils ne se retrouvent pas représentés au sein de l'Assemblée nationale, donc la dissolution me semble la bonne solution pour redemander aux gens d'aller dans les urnes et que cette colère puisse être représentée à l'Assemblée nationale".

Une tentative de récupération de l'opposition?

Pour Jean-Luc Mélenchon, il s’agirait aussi d’une "issue raisonnable et tranquille" à la crise des gilets jaunes. Mais cela répondrait-il vraiment à leurs attentes? Est-ce la solution? Le député La République en Marche des Landes Lionel Causse n’y voit qu’une tentative de récupération de la part des élus de l’opposition: "Dissoudre l'Assemblée nationale, c'est leur donner l'espoir d'arriver un jour au pouvoir plus tôt qu'ils ne l'espéraient. La crise de confiance ne date pas d'aujourd'hui. Le pays a besoin de stabilité. Le président a été élu pour 5 ans, certainement qu'on a fait part de trop d'arrogance, on le reconnaît, on a toujours besoin de travailler encore plus. Ce n'est pas appeler en permanence à des annulations d'élection, de dissolution qu'on y arrivera".

En attendant, certains maires envisagent d’inscrire la dissolution dans les sujets de discussion lors du grand débat national qui va s’ouvrir.

Matthieu Rouault (avec P.B.)