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Grand débat national: Ça ressemble de plus en plus à une grande opération de communication

Énormément de contributions ont été enregistrées mais aucune n'a pour l'instant été traitée. Les garants du débat public sont en train d'auditionner des entreprises pour leur confier la mission.

Il a été lancé il y a trois semaines. Le Grand débat national a été voulu par Emmanuel Macron pour répondre à la crise des "gilets jaunes". Les premiers chiffres de participations donnent le tournis. Près de 700.000 contributions ont été enregistrées sur la plateforme en ligne tandis que des milliers sont arrivées par voie postale. Plus de 4000 réunions locales sont programmés. À tout cela il faut également ajouter les cahiers de doléances mis à disposition dans les mairies. 

Mais pour le moment, ces contributions sont simplement stockées et le traitement de ces données n’a toujours pas commencé faute de prestataire pour s’en charger. La mission du grand débat prospecte. Il faut trouver les bons outils informatiques, trouver aussi les entreprises capables de numériser les milliers de propositions manuscrites des cahiers de doléances. Plusieurs entreprises spécialisées dans l'analyse des données sont en train d'être auditionnées par les garants du débat public. 

Méfiance de l'opposition

Parmi eux, le politologue, Pascal Perrineau. "Il y a des algorithmes utilisés pour analyser ces multitudes de données. On peut mettre des sémioticiens qui analysent dans quel contexte tel ou tel thème apparaît", explique-t-il. Mais pour l’instant tout cela reste un peu flou.

L'opposition redoute un grand exercice d'enfumage, à l'image du socialiste Romain Colas.

"Nous n’avons aucune idée de ce que seront les issues données à ce débat. On est en tout cas dans une totale improvisation et ça ressemble de plus en plus à une opération de communication qu’à un vrai et grand débat", affirme le secrétaire national du PS. 

Un conseiller ministériel tente de son côté de rassurer. "Tout est son contrôle", dit-il, "ce n'est qu'une question d'heures". On devrait connaître d'ici la fin de la semaine, le nom des prestataires choisis soit cinq petites semaines avant la fin du grand débat.

Juliette Droz avec Guillaume Descours