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Incendie du camp de Grande-Synthe: "je n'accueillerai pas de migrants, c’est à l’Etat de le faire"

Les autorités sont parvenues mardi soir à trouver un hébergement d'urgence pour un millier des migrants à Grande-Synthe dans le Nord, après l’incendie du camp lundi soir.

Dans la nuit de lundi à mardi, un incendie a ravagé le camp qui comptait 1.400 migrants. Seuls environ 70 chalets en bois ont réchappé au sinistre, sur les 300 que comptait le site. Trois gymnases sur Grande-Synthe et un sur Dunkerque ont été réquisitionnés pour accueillir environ un millier de réfugiés. Le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl, et la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, sur place mardi, ont affirmé que le camp ne serait pas reconstruit.

Sur place, des centaines de migrants se sont dispersés dans les environs, et ils sont livrés à eux-mêmes. A l’image de Saïd, un Kurde qui vivait dans le camp de Grande-Synthe depuis deux mois. Désormais il erre dans les rues de la ville, un sac en plastique à la main. "Le camp c’est fini. Je me sens perdu, c’est vraiment difficile, il fait froid, je vais dormir dans la rue".

"Ce que je veux c’est partir en Angleterre rejoindre ma famille"

Au total, quatre gymnases ont été ouverts pour accueillir provisoirement les 1400 migrants rescapés. Mais Saïd ne veut pas perdre de temps. "Ma famille est en Angleterre, moi ce que je veux maintenant c’est partir en Angleterre les rejoindre".

Chantal et Bernard habitent à quelques kilomètres du camp, depuis mardi, ils voient les migrants passer et repasser devant chez eux. "Sincèrement moi j’ai peur", explique Chantal. L couple regrette cette situation, mais n’est pas prêt à aider les migrants pour autant. "Moi je ne les accueillerai pas parce que ce n’est pas à nous de le faire, assure Chantal. C’est à l’Etat de s’en occuper". Mardi, la ministre du Logement Emmanuelle Cosse a annoncé que des premiers départs devraient avoir lieu mercredi vers les centres d’accueil et d’orientation répartis sur le territoire.

Marie Monier (avec A.M.)