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La politique migratoire actuelle "vise à faire une opposition entre des bons et des mauvais" migrants

Geneviève Jacques, présidente de la Cimade, association qui vient en aide aux migrants, dénonce la politique migratoire actuelle.

Au fil des jours, la "ligne Macron" devient plus nette et dessine une politique migratoire d’une rudesse sans précédent. Vendredi, une réunion interministérielle sur le projet de loi immigration, qui arrivera en discussion au printemps 2018, a révélé que les tenants de la ligne dure avaient la main.

"On veut faire un tri, comme si c'était si simple que ça"

Pour Geneviève Jacques, président de la Cimade, qui vient en aide aux migrants, dénonce "la ligne qu'on voit se dessiner". "On veut faire un tri, comme si c'était si simple que ça, entre des bons réfugiés fuyant des guerres, et tous les autres qui auraient vocation à être reconduits chez eux. Nous, qui recevons quotidiennement, nous recevons plus de 100.000 personnes par an, nous voyons bien que cette division ne répond pas à la réalité des phénomènes migratoires aujourd'hui. S'il faut défendre le droit d'asile pour ceux qui sont persécutés par leurs états, ça ne veut pas dire que les autres n'ont pas également des besoins de protection. Simplement parce que ce sont des êtres humains.

"Une opposition entre des bons et des mauvais"

Une manière d'opposer des réfugiés politiques à des migrants économiques? C'est l'avis de la Cimade. "La politique actuelle vise à faire, y compris dans l'imaginaire des Français, une opposition entre des bons et des mauvais. Et ça c'est absolument désastreux. Parce que ce n'est pas en rejetant, en expulsant des personnes vulnérables, des personnes qui viennent de faire un parcours extrêmement dangereux, qu'on accueillera mieux et qu'on préparera mieux notre pays à accueillir".

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