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Le covoiturage entre supporters, ou comment faire des économies d’énergie en supportant son club

Le monde du sport peut-il être plus écologique? Ces dernières semaines, les clubs ont été pointés du doigt vis à vis de leurs nombreux déplacements en avion. Mais des initiatives se mettent en place... Reportage.

Alors que la polémique née d'un déplacement à Nantes en avion pour les joueurs du Paris Saint-Germain semble s'être apaisée, le club parisien ayant d'ailleurs annoncé se déplacer à Reims en bus pour son match de samedi soir, d'autres clubs de L1 tentent de mettre en place des initiatives pour permettre aux supporters de réduire leur empreinte carbone.

C'est par exemple le cas pour l'Olympique lyonnais, partenaire de l'application Stadium Go.

A 50km du Groupama Stadium, Florian, supporter lyonnais et utilisateur de l'application, est au volant. Il est passé chercher Dimitri et Pierre. Deux amis, eux aussi supporters de l’OL. Ils font du covoiturage chaque jour de match à domicile.

Un trajet effectué dans la bonne humeur, et rendu possible par Stadium Go. La plateforme a le même fonctionnement que Blablacar, mais elle est dédiée uniquement aux déplacements de supporter les jours de matchs. Tous les trois en sont devenus des adeptes dès sa sortie en août 2019.

"Ça permet de pouvoir créer des liens, échanger, sachant qu'on a tous un point commun, celui de supporter la même équipe"

70% des émissions de carbone causées par les déplacements

Le créateur de l'application n'est autre qu'un fan de football, Romain Lauvergnat. Il a profité de son expérience personnelle pour créer Stadium Go.

"Je me rendais au stade le week-end et je m'y rends encore régulièrement. J'ai fait du covoiturage sauf que j'avais envie d'être dans l'ambiance de mon match. J'ai notamment fait un trajet avec un cinquantenaire qui n'aimait pas du tout le foot, ce qui m'a donc donné le déclic pour créer une lateforme grace à laquelle on peut voyager entre supporters"

Du côté de l'Olympique Lyonnais, partenaire de l'application qui offre une place de parking aux abors du stade à ses utilisateurs, on se félicite de cette initiative. Maëlle Trarieux, directrice des responsabilités sociétales du club, explique que "depuis août, on a des places dédiées à chaque match. L'objectif que l'on a c'est d'être inicitatif".

Les jours de matchs, 70% des émissions carbones de la rencontre sont liées aux déplacements des supporters.

Le reste est en partie dû au transport des joueurs et du staff technique de chaque équipe. Pour les deux supporters des Gones, Dimitri et Pierre, l'OL doit en faire plus dans le sens de l'écologie.

"On se dit que nous, à notre échelle, on peut pas faire grand chose. Les clubs, eux, le peuvent"

Même si comme d’autres clubs, les déplacements de leur équipe peuvent devenir plus « verts », l’OL peut se targuer d’avoir des atouts en terme d’écologie. Finis d’être installés cet été, des dizaines de panneaux photovoltaïques recouvrent les parkings du stade rhodanien et couvrent 80% des besoins en électricité de l'enceinte.

Pour Maëlle Trarieux, la directrice RSE de l’OL, "on n'a pas attendu la polémique pour se préoccuper du sujet. Bien-sûr, on n'est pas arrivés au bout sur toutes les questions, mais on y travaille".

Elle estime par ailleurs qu'il est "trop facile de dire que le monde du foot ne s'est jamais intéressé au sujet. On progresse !".

Léna Marjak (avec A.L)