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Les agences bancaires, cibles numéro un des casseurs: "Ils ont la haine contre les banquiers"

Plus de 750 établissements bancaires ont été dégradés depuis le début du mouvement des "gilets jaunes". Des attaques symboliques qui visent le capitalisme.

C’est une des cibles préférées des casseurs: les agences bancaires. Depuis le début du mouvement, plusieurs centaines d'établissements ont été visés. Ce samedi encore à Bordeaux, où des casseurs s’en sont pris à une agence du CIC.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, samedi, les six grands patrons des banques françaises, BPCE, BNP Paribas, Crédit Mutuel, Banque Postale, Crédit Agricole et Société Générale, condamnent "les actes commis à l’encontre des banques" et veulent mettre un terme à "ce déchaînement de violences injustifié". Car en effet, pour eux, s’attaquer à une agence bancaire, c’est surtout s’attaquer à un service de proximité. 

Un avis que partage Stéphane. Ce Parisien constate qu’aucun distributeur de billets ne fonctionne dans son quartier situé à deux pas de l’Arc de Triomphe.

"Ils viennent saccager les banques avec des pieds-de-biche, des marteaux, des perceuses... Tout a été saccagé dans le quartier", confie-t-il. 

760 établissements dégradés depuis le 17 novembre

Selon lui, ce déchaînement de violences contre ces établissements bancaires est évident: "Ils s'attaquent au symbole du capitalisme et les banques, c'est plus facile il y en a partout. Ils ont la haine contre les banquiers".

Mais le problème, c'est l'angoisse des salariés des banques lors de ces affrontements estime Régis Dos Santos, le président du syndicat des cadres de banques. 

"L'état d'esprit de nos collègues, c'est surtout un sentiment d'exaspération parce qu'ils sont pris pour les boucs émissaires d'une crise dans laquelle ils n'ont strictement aucune responsabilité. Ils s'attaquent aux seules personnes qu'ils voient, c'est-à-dire les salariés des agences qui malheureusement n'y peuvent strictement rien", précise-t-il. 

Depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", plus de 760 établissements bancaires ont subi des dégradations. 

Margaux Boddaert avec Guillaume Descours