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Mal-logement: "La dépense la plus dure à encaisser, c'est le loyer"

Selon la fondation Abbé Pierre, plus de 12 millions de Français payent leur loyer au dépens de leur confort. Pire quatre millions de personnes sont aujourd'hui en situation de mal-logement.

Quatre millions de personnes sont mal logées en France. La fondation Abbé Pierre publie ce vendredi son rapport annuel sur le logement. Elle profite d’ailleurs de l’actualité faire le lien entre mal-logement et pouvoir d’achat.

Selon la fondation entre le loyer et les charges, la part des dépenses consacrée à l’habitat augmente chaque année. Les plus pauvres consacrent même plus de 35% de leurs ressources à leur logement. C’est notamment le cas d’Angèle, assistance maternelle qui travaille depuis son appartement à Saint-Etienne du Rouvray. Elle vit seule avec ses trois enfants et dans son quotidien le moindre euro compte.

"J’ai une pension alimentaire pour les trois enfants qui est à 440 euros, j’ai un salaire de 560 euros et des prestations CAF. Donc c'est trois sommes là représente 1490 euros par mois. Ça, ce sont mes revenus. Mes dépenses au total, c’est 1639 euros". 

Pas d’extra dans son budget, cette mère de famille consacre la moitié de son salaire pour se loger. "La dépense la plus dure à encaisser, c’est le loyer. Si demain on a plus les moyens de payer notre loyer on a plus de logement et dans mon cas je n’ai plus de travail", précise Angèle. 

Explosion des loyers depuis 2000

Dès le 15 du mois, son compte est à découvert pour économiser Angèle coupe le chauffage quand elle est seule chez elle, elle saute aussi le repas du midi. "Les économies, elles se font en premier lieu sur le budget nourriture. Pour ne pas priver mes enfants, je préfère me priver moi", ajoute la mère de famille. 

Comme Angèle, selon l’association Abbé Pierre, 12 millions de Français payent leur loyer aux dépens de leur confort. Selon Christophe Robert, délégué général de la fondation, "depuis les années 2000, il y a une hausse sans précédent des loyers". "Ce qui nous inquiète, c’est que ce bien de première nécessite qui conditionne la question de l’emploi, la scolarisation des enfants, avoir un endroit pour se reposer, certains n’arrivent pas à atteindre un bon niveau de logement", précise-t-il. 

Margaux Bédé avec Guillaume Descours