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Migrants mineurs: les tests osseux sont-ils conformes à la Constitution?

La méthode des tests osseux de migrants mineurs est examinée par le Conseil constitutionnel ce mardi. Une pratique critiquée par les associations et par le Défenseur des droits, Jacques Toubon.

A leur arrivée sur le territoire français, comment évaluer l’âge des jeunes migrants se présentant comme mineurs? Dans leur grande majorité, les médecins jugent ces tests obsolètes car basés sur des données statistiques collectées dans les années 1930-1940, sur une population américaine et bien portante. Ils comporteraient, de plus, une marge d’erreur d’au moins 18 mois pour les 16-18 ans.

Ibrahim est Ivoirien, il dit avoir 16 ans et demi. A son arrivée en France l'année dernière, il doit prouver qu'il est mineur et doit pour cela se soumettre à des tests osseux. Ibrahim se rend à l'hôpital passer une radiographie: "Je suis allé à l'hôpital, j'ai fait des analyses, ils m'ont scanné la main et le poignet".

"Ça m'a fait tellement mal parce qu'ils ne m'ont pas cru"

Le résultat tombe: considéré comme majeur, il ne peut pas être pris en charge par les services de l'ASE, l'Aide à l'Enfance. "Ça m'a fait tellement mal parce qu'ils ne m'ont pas cru", se souvient-il. Ibrahim décide finalement de tenter sa chance dans un autre département où il est finalement mis à l'abri par l'ASE: "J'ai quand même un abri, je vais être scolarisé, avoir une bonne éducation, une vie meilleure pour demain".

Des jeunes étrangers isolés comme Ibrahim, Sylvie Bros en accompagne chaque semaine dans cette permanence de l'association Adjie. "Une machine ne peut pas dire l'âge de quelqu'un", assure-t-elle. "Ces tests osseux ne nous donnent absolument rien de tangible. C'est une grosse hypocrisie pour essayer de se débarrasser des jeunes", estime-t-elle.

Pour Sylvie Bros, l'Etat François doit faire confiance à ces jeunes exilés et les aider, les guider tant qu'ils en ont besoin.

Marie Monier et Mahault Becker Granier