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Naufrage au large de Calais: "Depuis le début de l’année, on a plus de 1500 passeurs qui ont été arrêtés", assure Didier Leschi

Le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a affirmé que l'Etat fait tout pour lutter contre ces réseaux de passeurs mais estime que c'est "un drame sans fin".

Nouveau drame au large de Calais mercredi. Les corps sans vie de 27 personnes ont été retrouvés après le naufrage d'une embarcation de fortune dans la Manche. Parmi elles, cinq femmes et une fillette. C’est le pire drame depuis l'envolée des traversées migratoires de la Manche à partir de 2018.

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Le drame s'est déroulé sur un "long boat", un bateau gonflable fragile au fond souple. L'utilisation de ces embarcations particulièrement dangereuses est de plus en plus fréquente depuis cet été.

“On sait que les personnes seraient parties du côté de Calais. C’est un drame horrible. On n’a pas encore tous les éléments, mais en tout cas les services judiciaires sont maintenant en activité avec un juge qui a été désigné. On attend donc maintenant les premiers éléments de l’enquête”, expliquait ce jeudi matin sur RMC Didier Leschi, directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Quatre passeurs présumés ont été arrêtés mercredi en fin d'après-midi, et un cinquième dans la nuit. Ils sont suspectés d'avoir un lien avec la tragédie, avait indiqué le ministre en déplacement à Calais.

“Les personnes sont en garde à vue. Depuis le début de l’année, on a plus de 1500 passeurs qui ont été arrêtés. C’est un travail sans fin. On a une poussée migratoire qui est très forte, mais si on a sur le Calésie moins de personnes qu’il y a cinq ou six ans. Et tout l'enjeu est d’entraver le travail des passeurs en démantelant les filières et aussi en empêchant la stabilisation des personnes au bord de mer ou à Calais”, indique Didier Leschi.

Toujours plus de traversées malgré l'hiver

Pour empêcher cette “stabilisation”, il affirme que l’Etat propose systématiquement des places d’hébergement dont beaucoup ne sont pas à Calais. Cela est d’ailleurs reproché par une partie des associations.

“Je crois que l’Etat à raison de le faire parce que plus les personnes sont proches de la mer plus elles sont sous la main des passeurs et face à ce drame je suis d’autant plus peiné que simplement une place sur trois d’hébergement est acceptée par les personnes qui stationnent en bord de mer. Il y a donc une question psychologique qui se pose, c’est comment convaincre ces personnes de ne pas tenter la traversée”, ajoute-t-il.

Les tentatives de traversées de la Manche à bord de petites embarcations ont doublé ces trois derniers mois, avait récemment mis en garde le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, Philippe Dutrieux. Au 20 novembre, 31.500 migrants avaient quitté les côtes depuis le début de l'année et 7800 migrants avaient été sauvés. Une tendance qui n'a pas baissé malgré les températures hivernales.

Guillaume Descours