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"On n'y est pas encore": dans les commissariats, encore des progrès à faire sur la parole des femmes

Lutter contre les violences faites aux femmes est l'une des priorités du gouvernement. Si des efforts et des progrès ont été faits, sur le terrain, la situation reste difficile.

Emmanuel Macron se rend à Dijon ce vendredi, à l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Le président assistera à une formation avec des élèves gendarmes avant d'échanger avec des victimes et des magistrats. L'occasion pour l'Élysée de mettre en avant les progrès accomplis contre les violences faites aux femmes depuis le Grenelle.

Une meilleure formation des agents, plus de places en hébergements d'urgence, plus de téléphones grave danger... Autant d'avancées notables pour Pauline Soubie-Ninet, avocate spécialiste des violences faites aux femmes. Mais il y a encore du chemin à faire.

“Dans les faits, on n'y est pas encore. Et ça commence au dépôt de plainte. Il n’y a pas plus tard qu’un mois, une de mes clientes pour un fait de viol conjugal, on lui a posé la question de savoir si elle avait joui. Autre exemple, ça arrive encore en commissariat qu’on traite les femmes de menteuses alors qu’elles viennent déposer des plaintes pour des faits de violences conjugales”, dénonce-t-elle.

Protéger les enfants

Des progrès restent donc nécessaires, notamment face aux violences intrafamiliales. Dans plus d'un tiers des cas, violences conjugales riment avec maltraitances directes sur les enfants, selon un sondage de Solidarité Femmes.

“À partir du moment où il y a des violences conjugales, on doit immédiatement sécuriser la femme, mais aussi les enfants parce que les auteurs de violences utilisent les enfants pour poursuivre les violences. Donc c’est extrêmement important d’avoir des décisions pour l’exercice de l’autorité parentale qui soient exclusif pour la victime”, précise Françoise Brié, qui dirige cette association.

Elle préconise aussi, entre autres, la création d'un tribunal spécialisé pour mieux protéger les femmes, et des séances de prévention dans les écoles.

Lucile Pascanet avec Guillaume Descours