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"On ne croit plus en rien ni personne": pourquoi Steven, 32 ans, soutient le "Convoi de la liberté" qui compte bloquer Paris

S'inspirant des "truckers" canadiens, le "Convoi de la liberté" à la sauce française compte bloquer pacifiquement les routes autour de Paris ce samedi.

Ils veulent bloquer Paris sur le modèle du "Convoi de la Liberté" au Canada. A l’origine de ce mouvement: des camionneurs canadiens opposés à l’obligation vaccinale imposée pour traverser la frontière canado-américaine. Depuis, le mouvement s’est élargi et cristallise tous les opposants aux mesures sanitaires prises par le Premier ministre canadien, Justin Trudeau. La capitale du Canada, Ottawa, est ainsi paralysée depuis deux semaines.

En France, le mouvement ne vient pas des routiers, mais un groupe Facebook rassemble 275.000 membres, et de nombreux automobilistes et motards en son sein comptent converger vers la capitale pour y bloquer, pacifiquement, l'accès. Il y est question d’actions sur le périphérique sur le modèle d'opérations escargots déjà vues dans le passé, et à la porte d’Orléans devant le siège de Pfizer. 

Florian Philippot et Jean-Frédéric Poisson, néo-soutien d'Eric Zemmour, ont apporté leur soutien au mouvement français. Une initiative qui est "prise au sérieux par les autorités", a indiqué à l'AFP une source policière qui annonce que "des dispositifs de vigilance" sont mis en place.

"Ça rappelle les Gilets jaunes"

Antoine Bristielle, directeur de l’observatoire de l’opinion à la fondation Jean-Jaurès, était l'invité de RMC ce mercredi matin. Auteur de "Voyage en terres complotistes" (éd. Fayard), il a tenté d'observer et d'analyser les nombreux messages de revendications sur ce groupe Facebook et estime qu'il est "assez difficile" de déterminer un profil de ce regroupement de personnes. Il estime qu'il y a une agrégation de colères au sein de ce groupe.

"Il y a une énorme défiance envers les différentes institutions politiques. Dans leur communiqué, il y a l'idée que les politiques ne sont plus légitimes pour prendre des décisions et un appel au RIC, à une démocratie participative. Ça rappelle les Gilets jaunes".

"C'est un ras-le-bol qui vient du fond du coeur, et des tripes"

Steven, auditeur RMC de 32 ans en Charente-Maritime, fait partie des soutiens de ce convoi et confirme qu'il fait partie d'une "génération qui ne croit plus en rien ni personne". Il assume ne pas vraiment savoir ce qu'il faut faire pour régler la question, mais témoigne d'une souffrance quotidienne silencieuse qui explose.

"Il n'y a rien qui va. On ne croit plus en ces gens-là (les politiques), on ne croit plus en rien. On se débrouille au quotidien, on essaie de remplir le frigo, on essaie de manger comme on peut et on verra demain... C'est un ras-le-bol de tout qui vient du fond du coeur, et des tripes."

Une colère qui devrait donc se traduire par de nombreux ralentissements en région parisienne ce week-end. 

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J.A.