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"On ne nous entend plus": pourquoi les pompiers en colère manifestent-ils ce mardi?

Après une première mobilisation en octobre dernier, les pompiers qui estiment être mis de côté vont de nouveau manifester ce mardi à Paris.

Les pompiers vont de nouveau battre le pavé parisien ce mardi. Grande mobilisation nationale des soldats du feu entre la place de la République et la place de la Nation à partir de 14 heures. 

Une délégation doit également être reçue par Christophe Castaner ce matin. Parmi les revendications, les sapeurs-pompiers demandent une revalorisation de leur prime de feu, qui n'a pas bougé depuis 30 ans, la reconnaissance du risque de leur profession et des éclaircissements sur l'impact de la réforme des retraites sur leurs uniformes.

Une nouvelle mobilisation après la manifestation imposante et émaillée d'incidents du 15 octobre dernier, qui n'a pas fait bouger les choses. Benoit est un sapeur-pompier en grève depuis le mois de juin 2019.

"Depuis le mois de juin, rien n’a bougé de tout ce qui est revendiqué au niveau national. On a l’impression qu’on est pas du tout écouté en fait", confie-t-il. 

Pas de revalorisation salariale, des équipes en sous-effectifs, des agressions qui augmentent... Alors comme en octobre dernier, ce sergent-chef d'une caserne de Lyon va manifester avec son uniforme à Paris. 

10.000 en octobre dernier

"On a un petit peu la sensation qu’on est mis de côté. Il y a de la lassitude. Mais je pense qu’il n’y pas de pompier qui n’aime pas ce qu’il faut aujourd’hui, mais c’est vrai qu'on a l’impression qu’on a rien en retour", explique-t-il. 

La colère au sein des casernes est si importante que les soldats du feu sont prêts à tenir. Marc Darcissac est secrétaire adjoint de la CGT des Sapeurs-Pompiers du Rhône.

"On a fait des réunions, on a joué le jeu du gouvernement. Aujourd’hui on est plus en tendu, on ne sait pas comment faire donc il va y avoir des actions médiatiques, une grosse mobilisation. On voit rarement les sapeurs-pompiers dans la rue. En octobre dernier, on était 10.000, donc on retourne sur Paris pour se faire entendre", affirme-t-il. 

Et comme Benoit, entre 100 et 300 pompiers lyonnais ont prévu de manifester aujourd'hui dans la capitale.

Gwenaël Windrestin avec Guillaume Descours