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Pas d'interdiction de la corrida: "On ne peut pas excuser la torture d'animaux au nom de la culture"

Les députés se sont prononcés ce mercredi contre une proposition de loi d'interdiction de la corrida, alors que le sujet divise même dans les rangs de la majorité et du Rassemblement national.

La corrida a encore de beaux jours devant elle. Les députés se sont prononcés ce mercredi contre l'interdiction de la pratique, après une proposition de loi du député LFI Aymeric Caron visant à l'interdire.

L'élu de la Nupes entendait modifier le Code pénal qui punit déjà la maltraitance animale, mais dont les sanctions prévues à l'article 521-1 "ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée".

"On accepte qu'un taureau soit torturé en public"

"Je suis du Sud-Ouest où, culturellement, les corridas sont autorisées, mais je suis contre", explique Marie-Anne Soubré ce mercredi sur le plateau des "Grandes Gueules". "Au nom de la culture, on ne peut pas excuser la torture des animaux. Avant, il y avait des combats de chiens, mais c'est interdit depuis 1834. Et pour autant aujourd'hui, on accepte qu'un taureau soit torturé en public, avec un public qui se réjouit de la torture d'un animal", tacle-t-elle.

"Je ne suis pas contre le fait qu'on tue un animal pour manger, je suis moi-même carnivore mais il y a un but. Là, c'est juste pour des gens qui se réjouissent de la torture d'un animal, je suis pour l'interdiction", ajoute l'avocate sur RMC et RMC Story.

"Une économie qui a le droit de vivre"

"Honte à toi de renier tes traditions", lui répond l'éleveur de bovins Didier Giraud. "La corrida, c'est d'abord une économie qui a aussi le droit de vivre", avance l'agriculteur. "Tu dis que c'est de la torture animale mais c'est un spectacle, comme d'autres vont aux courses hippiques où les chevaux sont entraînés comme des sportifs de haut-niveau", compare Didier Giraud.

"La corrida, c'est fait pour montrer la suprématie de l'homme sur le règne animal et je refuse de vivre dans une société où l'on met sur un pied d'égalité l'homme et l'animal. Quand on interdit la corrida, on met le pied dans une porte qui nous conduira à donner des allocations familiales à ceux qui ont des chats", croit savoir Didier Giraud.

Des divisions internes à l'Assemblée

Des divisions en plateau, à l'image de ce qui se trame à l'Assemblée nationale où le sujet divise à l'intérieur même des partis. Au sein de la majorité, Aurore Bergé, la patronne des députés avait par le passé signé une tribune demandant l'interdiction de la pratique jugée "barbare". Mais son collègue du Gers, Jean-René Cazeneuve, est fortement opposé à l'interdiction, tandis que le ministre de la Justice est un grand amateur de corrida.

Au Rassemblement national aussi, des divisions existent. Le député RN Julien Odoul pourrait voter une interdiction, à l'inverse d'Emmanuel Taché de la Pagerie, défenseur de la corrida. De son côté, Marine Le Pen plaide depuis longtemps pour l'interdiction de la corrida aux mineurs.

G.D.