RMC

Polémiques, petites phrases et présence médiatique: qui est (vraiment) Marlène Schiappa?

LE PORTRAIT DE POINCARE - La ministre vient de traverser une rude semaine en se retrouvant au cœur de deux polémiques.

Marlène Schiappa a été très critiquée pour son idée saugrenue. Elle a suggéré que le débat d’entre deux tours en 2022, puisse être co-animé par Cyril Hanouna, “animateur brillant qui connaît bien la société française”. Proposition choc et absurde, mais rien de très grave et buzz assuré.

Plus gênant pour elle, les critiques d’Emmanuel Macron au dernier Conseil des ministres. Si l’on en croit les informations de BFMTV, le Président a violemment critiqué sa jeune ministre pour avoir organisé sans prévenir personne des États-généraux de la Laïcité. “Les Français s’en fichent et moi aussi”, aurait dit le président.

>> A LIRE AUSSI - "Des valeurs importantes mais parfois injustes": Marlène Schiappa lance des États généraux de la laïcité et invite les lycéens à participer

Marlène Schiappa, qui n'était pas là, a ensuite démenti le recadrage mais le Parisien de dimanche et cite plusieurs témoins qui parlent d’une “rafale” d’une rare sévérité. Embêtant pour celle que l’on a présentée comme la bonne élève de la Macronie. 

Ministre à 34 ans, auparavant militante féministe, fille de parents tous les deux militants trotskistes, auteur d’une vingtaine de livres sous son nom et d’une douzaine d’autres plus érotique sous un pseudonyme.

Un bilan en tant que secrétaire d'Etat

Marlène Schiappa a fait des études de communication à l’université de Grenoble, une courte carrière dans la communication chez Euro RSCG, et personne ne lui conteste au gouvernement ses talents de communicante. Elle est la personnalité politique la plus invitée des matinales radio-télé.

Secrétaire d’Etat à l’égalité Femme-Homme, elle a aussi un vrai bilan. La loi Schiappa a allongé les délais de prescription pour les crimes sexuels, créé le délit de harcèlement de rue. Elle a doublé les moyens du numéro de téléphone d’urgence, elle a rallongé le congé paternité, entre autres. Elle a fait des choses et elle l’a bien fait savoir.

Au ministère de l'Intérieur, depuis 9 mois, c’est plus compliqué. “Femme de gauche assumée”, elle doit soutenir son ministre de tutel Gerald Darmanin “Homme de droite assumé”. 

Et c’est sur la laïcité qu’elle fait le grand écart. Longtemps partisane d’une laïcité ouverte, elle défendait le droit de porter le voile lorsqu’elle collaborait au "Bondy Blog". 

Aujourd’hui, elle est sur la ligne d’une position plus offensive. Et avec ses Etats généraux de la laïcité, la semaine dernière, elle s’est pris les pieds dans le tapis, en montant une grosse opération de com' sur un sujet qui ne s’y prête pas.

Nicolas Poincaré