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Prisons: un appel lancé pour que les détenus aient un droit d'accès à Internet

Couloir de prison (illustration).

Couloir de prison (illustration). - Guillaume SOUVANT © 2019 AFP

Dans une lettre ouverte à la Première ministre, Élisabeth Borne, plus de 600 personnes dont des députés ont réclamé la mise en place d'accès à Internet en prison pour les détenus.

Plus de 600 personnes, dont des députés, ont réclamé mercredi dans une lettre ouverte à la Première ministre la mise en place d'un accès à Internet dans les prisons françaises, pour faciliter la réinsertion des détenus et réduire la "fracture numérique".

"Si l'interdiction de l'accès à Internet en prison n'est posée par aucune loi, elle y est pourtant totale", font valoir les signataires, qui réclament un débat public et législatif sur le sujet.

Parmi eux, des responsables d'associations et de structures d'insertion, des conseillers de probation, des avocats, des magistrats et plusieurs députés dont Ségolène Amiot (LFI), Ugo Bernalicis (LFI) et Arthur Delaporte (PS).

"L'accès à Internet entre les murs est primordial pour reconnaître les personnes détenues comme sujets de droit, limiter l'exclusion sociale causée par l'incarcération et faciliter le retour à la vie libre", estiment les signataires.

Des accès internet en cellule en Allemagne ou en Suisse

En 2020, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté de l'époque, Adeline Hazan, avait estimé dans un rapport que cet accès devait être considéré comme "prioritaire". Elle avait considéré cette privation comme une "entrave" à de nombreux droits fondamentaux, dont la liberté d'expression, le droit à l'éducation ainsi que "le droit d'une personne détenue à la préparation de son retour au sein de la société".

Plusieurs pays ont introduit des accès contrôlés à Internet en cellule, notamment l'Allemagne, la Suisse et les Etats-Unis. En France, internet reste essentiellement consulté par les personnes détenues via des téléphones portables introduits illégalement en cellule.

Une expérimentation avait été lancée en 2009 dans certaines prisons avant d'être abandonnée. L'administration pénitentiaire expérimente néanmoins un nouveau projet, appelé "Numérique en détention" (NED), un intranet permettant par exemple de faire des commandes en cantine ou de gérer ses créneaux de parloir.

La rédaction avec AFP