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Procès du père Preynat: "Je suis prêt à affronter son regard, mais il n'y aura pas de pardon"

Le procès de l'ex-père Bernard Preynat se tient toute la semaine devant le tribunal correctionnel de Lyon. Il y a 4 ans, en janvier 2016, des victimes de ce prêtre et éducateur d'un camp scout de la région lyonnaise se réunissaient pour dénoncer les attouchements subis dans les années 80 et 90.

L'ex-père Preynat est jugé à partir de ce lundi à Lyon pour des agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts âgés de 7 à 15 ans. Dix victimes mineures au moment des faits se sont constituées partie civile, en plus d'une poignée d'associations. Les plaignants, des scouts âgés de 7 à 15 ans à l'époque, reprochent essentiellement à cet ex-curé, alors réputé brillant et charismatique, des attouchements, baisers sur la bouche et caresses réciproques contraintes, notamment sur le sexe.

Stéphane se souvient de tout ce que Bernard Preynat lui a fait subir chez les scouts, alors qu'il n'avait que 10 ans: "Il nous demandait de l'accompagner dans l'arrière-salle. Il était assis sur une chaise, il nous attendait et dès qu'on rentrait, il nous serrait contre lui. Il déboutonnait nos chemises et nos bermudas et nous caressait le sexe et le corps".

C'est la première fois que je vais le revoir depuis 1989"

Et 30 ans après les faits, Stéphane appréhende de revoir de nouveau son agresseur: "Pour ma part, c'est la première fois que je vais le revoir depuis 1989. Je suis prêt à affronter son regard pour lui montrer que j'ai suivi une autre voie que celle qu'il a voulu nous montrer".

Aujourd'hui cet artisan de 41 ans a réussi sa vie, en couple, avec deux enfants. Mais il n'est pas prêt à tout excuser: "Pour ma part, je n'aurais pas de pardon à lui donner. Il a quand même eu de grosses répercussions sur ma vie et celle de mes enfants. Là-dessus je resterai en colère, il n'y aura pas de pardon".

La justice ecclésiastique a renvoyé Bernard Preynat à l'état laïc en juillet dernier. Devant la justice des hommes, l'ancien prêtre risque 10 ans de prison et 150.000 euros d'amende.

Gwenaël Windrestin