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Radicalisation: faut-il mieux contrôler les recrutements dans la fonction publique? Ça fait débat sur RMC

Deux députés ont mené une mission d’information sur les services publics face à la radicalisation et au communautarisme. Sept mois d’enquêtes, une cinquantaine d’auditions et d’entretiens. Leur rapport sera présenté ce matin à l’Assemblée nationale. Rien d’alarmant, mais une nécessité de rester vigilant.

Au 29 mai dernier, 21.000 personnes inscrites au fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste. Parmi elles, seules 1.500 exercent ou ont exercé une profession dite sensible. Dans l’armée, très peu de cas, de l’ordre de 0,05% des effectifs. Dans la police et la gendarmerie, une trentaine d’individus.

Le rapport est plus inquiétant en ce qui concerne la santé ou les prisons. Le personnel n’y est pas plus radicalisé qu’ailleurs, mais il est au contact d’une population qui peut l’être. Or les infirmiers, médecins, n’ont pas ou peu de formation pour savoir comment réagir.

Même chose pour les membres de l’administration pénitentiaire qui font parfois face à des détenus très habiles dans la dissimulation de leur radicalisation explique Éric Diard, député Les Républicains des Bouches-du-Rhône, co-auteur de ce rapport:

"Il y a malheureusement dans les prisons des détenus de droit commun qui se sont radicalisés, qui font du prosélytisme et qui propagent cette radicalisation à travers d'autres détenus. La prison reste quand même historiquement le problème majeur en terme de radicalisation dans notre pays".

Il cite notamment les noms de plusieurs terroristes français qui étaient au départ des détenus de droit commun qui se sont radicalisés en prison comme Mohammed Merah, Mehdi Nemmouche, Amedy Coulibaly, Chérif Chekatt. 

Clubs de sport et transports

Autre secteur à surveiller: les clubs de sports où des foyers de communautarisme ont été détectés. Mais aussi les transports, notamment à la RATP ou Aéroports de Paris. Pour les transports, il existe une loi, la loi Savary, qui autorise des enquêtes de personnalité poussées avant toute embauche.

Une mesure que l’on ferait bien d’étendre à d’autres secteurs, comme la police dit Yves Lefebvre du syndicat Unité SGP-FO: "On a recensé quelques cas de radicalisation, tant dans les écoles que dans les services actifs donc il faut parer à ça au plus vite. Il faut que les enquêtes de moralité soient beaucoup plus professionnalisées, on est reçu en entretien par des fonctionnaires de police du renseignement territorial qui pose des questions et vérifient les antécédents judiciaires. Mais faute de temps et de moyens humains, l'enquête est réduite. Ce n'est pas normal".

Autre mesures préconisées dans le rapport: nommer des référents laïcité au sein des services publics ou encore faciliter la révocation, le licenciement des agents radicalisés. Aujourd’hui, aucun texte juridique ne le permet.

Matthieu Rouault