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Réforme de la PJ: "On espère que notre président va nous entendre" explique une enquêtrice

C'est une journée de mobilisation nationale ce lundi, pour les magistrats et les policiers, contre le projet de réforme de la police. Il prévoit que tous les services de police départementaux soient placés sous l'autorité d’un unique directeur. Les enquêteurs estiment qu'ils ne pourront plus mener à bien leurs missions, comme Caroline, 15 ans de carrière en police judiciaire, qui a décidé de sortir de son devoir de réserve au micro de RMC.

Le projet de réforme de la police ne passe pas du tout auprès des enquêteurs de la police judiciaire et des magistrats. Ce lundi, ils se mobilisent à nouveau pour dénoncer ce projet.

Cette réforme portée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, prévoit que tous les services de police départementaux (renseignement, sécurité publique, police aux frontières et police judiciaire) soient placés sous l'autorité d’un unique directeur départemental de la police nationale.

Les enquêteurs craignent de perdre en liberté et en indépendance avec cette réforme. Ils pensent que les dossiers qui prennent beaucoup de temps seront sacrifiés.

"On croit que notre mobilisation peut faire bouger"

Face à cela, certains policiers n'hésitent pas à parler, malgré leur devoir de réserve.

"On croit que notre mobilisation peut faire bouger les choses, que le ministre va nous entendre, vu que notre directeur général ne nous entend pas. On espère que notre président va nous entendre, que tout le monde va comprendre l’intérêt de conserver la police judiciaire telle qu’elle fonctionne actuellement", affirme Caroline, enquêtrice en Essonne.

Elle travaille depuis 15 ans à la police judiciaire. "Qu’ils nous laissent faire des enquêtes de longue haleine sur de la criminalité organisée: trafic d’êtres humains, trafic d’armes, trafic de stupéfiants, qui sortent du cadre du département", demande-t-elle.

Une réforme expérimentée depuis des mois

Pour Caroline, "la plus grande sanction qu’on pourrait avoir, c’est que la police judiciaire disparaisse et qu'elle soit fondue dans la globalité de la direction d’un département".

Cette réforme est expérimentée depuis plusieurs mois en Outre-mer et dans huit départements de l'Hexagone. Un audit a été commandé par le ministre de l'Intérieur et les conclusions sont attendues mi-novembre. D'après des policiers, les retours d'expérience sont loin d'être convaincants.

AB avec GB