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Réforme des retraites: comment les syndicats préparent leurs armes

Rentrée chargée pour les syndicats qui sont reçus mardi et mercredi par le gouvernement pour finir les négociations sur la réforme des retraites. Une réforme qui suscite beaucoup d'oppositions et différentes centrales se disent déjà prêtes à appeler à la mobilisation.

La réforme des retraites se rapproche. C’est le sujet de cette rentrée, le sujet qui va faire débat et risque de tendre le climat social. Les annonces autour des retraites sont prévues le 10, la semaine prochaine donc. Et le coup d'envoi du match contre la réforme sera donné le soir même des annonces d'Élisabeth Borne.

Les numéros 1 des confédérations syndicales se réuniront pour donner une première date de mobilisation, elle aura lieu une ou deux semaines plus tard pour laisser le temps aux militants syndicaux de convaincre leurs collègues de se mobiliser. Dans certains secteurs, le mouvement pourrait partir plus tôt.

Une chose est sûre, "il faudra plus d'une journée d'action", prévient un responsable de la FSU, premier syndicat dans l'éducation, qui penche pour un mouvement dur, avec deux ou trois jours de grève par semaine. La CGT va même appeler à une grève reconductible, et donc illimitée. Dans la fonction publique, les préavis sont déjà déposés et couvrent tout le mois de janvier. À la RATP, on commence à préparer le matériel.

“On n’a pas de date. On se reverra après les annonces de la Première ministre pour décider d’où et quand. Il y aura une mobilisation et une forte mobilisation. Aujourd’hui, en plus de toutes les organisations syndicales, une majorité de Français sont contre un recul de départ ou un allongement de la durée de cotisation. Moi je veux bien qu’on gouverne mais si on gouverne contre son pays, contre ses citoyens, contre les organisations syndicales, après on peut nous ressortir dialogue social mais si ça va à l’encontre de ce que nous souhaitons les uns et les autres, ça ne marchera pas”, Frédéric Souillot, secrétaire général de Force ouvrière.

Si la date de la mobilisation n’est pas arrêtée à Toulouse, la CGT a déjà appelé les salariés du public et du privé à descendre dans la rue pour dire non à la réforme le 12 janvier.

Cela fait 27 ans que Boris travaille dans un service des impôts. Comme beaucoup de ses collègues, Boris veut gagner cette bataille qui s’annonce difficile. “On est prêt à faire des journées de grève, c'est-à-dire des sacrifices sur le salaire parce qu’on sait qu’il va falloir s’y mettre pour le long terme et aussi aller dans la rue pour signifier notre mécontentement vis-à-vis d’Emmanuel Macron”, assure-t-il.

La CGT fait bande à part à Toulouse

Première salve, le 12 janvier donc. Abdallah, enseignant dans un lycée, assure d’ores et déjà qu’il sera dans le cortège pour s’opposer au rallongement du temps de travail. “C’est une question vitale, c’est une question de bien-être. Mais c’est un choix qui est à l’opposé de ce que Macron propose à l’ensemble de la population”, appuie-t-il.

Mais pour que le combat soit efficace, il doit être très large explique Cédric Caubère, secrétaire départemental de la CGT. C’est lui qui appelle au rassemblement de la semaine prochaine à Toulouse.

“On appelle aussi bien les salariés du privé que ceux du public puisque les uns et les autres ont exactement les mêmes conditions de travail et exactement les mêmes aspirations”, appuie-t-il.

Pour l’instant, seule la CGT descendra dans la rue le 12 janvier à Toulouse, de leur côté les autres centrales syndicales se réservent pour la fin du mois.

Victor Joanin, et Jean-Wilfrid Forques avec Guillaume Descours