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Réfugiés: "En France, un chat est mieux accueilli qu’un être humain" selon Cédric Herrou

Pour Cédric Herrou, jugé pour avoir porté assistance à des réfugiés dans la vallée de la Roya, il y a un double standard alors que des associations appellent aujourd'hui à aider les chiens et les chats ukrainiens.

La France se mobilise pour l’Ukraine. Récemment, ce sont plusieurs refuges en France qui se sont mobilisés pour rapatrier chiens et chats des zones de guerre. Mais l’initiative ne plaît pas à tout le monde, alors que certains déplorent le coût du rapatriement notamment, 200 euros pour le transport, sans compter les frais vétérinaires.

Pour Cédric Herrou, poursuivi avant d'être relaxé pour avoir aidé des jeunes réfugiés dans les années 2010 dans la vallée de la Roya à la frontière de l'Italie, il y a un double standard. "Je rappelle que je suis allé en garde à vue pour avoir rapatrié des enfants abandonnés par le Préfet des Alpes-Maritimes. En France, on préfère les chats aux Africains. J’ai la gerbe", a assuré sur Twitter le fondateur du réseau Roya.

"L’Etat français abandonne des humains"

"Ce qui me choque, c’est le double standard de la médiatisation et de l’approche qu’on a sur la guerre en Ukraine. Le préfet des Alpes-Maritimes continue d’abandonner des gamins qu’il attrape sur le territoire français, en les renvoyant en Italie", a précisé ce lundi dans "Estelle Midi" sur RMC Cédric Herrou.

Et il l'assure, il est très heureux de voir des chiens et des chats être adopté. "Je suis sensible à la cause animale, je m’arrête quand je vois des oiseaux tombés du nid, je m’arrête sur le bas-côté quand je vois un animal blessé et j’ai été jugé pour m’être arrêté pour avoir aidé des gamins venus d’Erythrée ou du Soudan du sud" rappelle Cédric Herrou, précisant avoir subi 11 gardes à vue et cinq perquisitions entre 2016 et 2018.

"Des gens adoptent des chats d’où qu’ils viennent, c’est très bien. Mais, l’Etat français laisse passer des chats et des chiens en souffrance, et d’un autre côté, abandonne des humains. En France, un chat est mieux accueilli qu’un être humain", conclut-il.
Guillaume Dussourt