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"1700 appels en seulement six heures": dans les coulisses d'"AlloCovid?", l'intelligence artificielle sur le coronavirus

Ce numéro doit permettre aux appelants de savoir, s'ils ont des symptômes, s'ils ont attrapé le coronavirus. Mais il va aussi servir pour prévenir en cas de foyer de résurgence.

C’est une première en France et dans le monde. L’intelligence artificielle est désormais utilisée pour détecter les personnes symptomatiques du coronavirus. Lancé lundi, le numéro “Allô Covid?” (0 806 800 540) créé par l’Inserm et les Hôpitaux de Paris a déjà enregistré 7000 à 8000 appels. “Après seulement six heures, on en était déjà à 1700 appels”, précise le professeur Xavier Jouven, porteur du projet. 

“Les personnes qui appellent ce numéro discutent avec un robot intelligent, qui a une voix féminine très agréable, et qui après discussion délivre des conseils en fonction des réponses. Par exemple, il peut dire ‘vous n’avez pas le Covid mais restez chez-vous confiné, ou alors vous l’avez probablement mais sans signe de gravité, il faut rester chez vous, ou encore vous avez quelques signes il faut consulter un médecin, où alors s’il estime que c’est plus grave, il vous conseille d’appeler le 15”, détaille Xavier Jouven. 

Il précise par ailleurs qu'outre l’aspect individuel, ce service va avoir un véritable enjeu au niveau national pour la détection des foyers de coronavirus, notamment. “Comme vous donnez votre code postal au moment de l’appel, on peut voir la répartition des personnes qui sont symptomatiques. Ca va être très important dans la politique de déconfinement de détecter comme ça des foyers de résurgence très précocement et très localement”, indique-t-il.

Respect de la protection des données

Le questionnaire téléphonique dure environ trois minutes. Le robot peut donner 900 réponses possibles pour chaque question. Et le projet devrait passer les frontières. En effet, selon le professeur Jouven, les Etats-Unis les ont contactés lundi pour demander de développer cette intelligence artificielle pour le pays. 

“C’est une très belle réussite française, car c’est la première fois qu’on utilise l’intelligence artificielle en santé publique”, assure-t-il.

Alors quid en termes de protection des données? Les numéros des appelants sont automatiquement détruits. “On collecte les informations, on les analyse, on les envoie à Santé publique France et nous, on les détruit au bout de sept jours”, précise le médecin.

Guillaume Descours