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20% de lits fermés à l'hôpital: "On a basculé vers un système low-cost", dénonce Arnaud Chiche

Près d’un lit sur cinq serait fermé dans les grands hôpitaux publics de France faute de personnels soignants.

C’est un message d’alerte qu’est venu lancer sur RMC ce jeudi matin Arnaud Chiche, fondateur du Collectif Santé en Danger. Ce médecin Anesthésiste Réanimateur affirme que la politique en matière de Santé est terriblement menée et la crise du Covid-19 n’a pas arrangé la situation.

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Ses propos font écho à ceux du Conseil Scientifique qui a avancé que près d’un lit sur cinq serait fermé dans les grands hôpitaux publics de France faute de personnels soignants. Une estimation avancée dans une enquête menée par Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique et du Comité consultatif national d’éthique.

Un chiffre pourtant contesté mercredi par le ministre de la Santé Olivier Véran. "Pour l'instant, le seul chiffre dont je dispose, (...) c'est 5% de lits de médecine temporairement fermés", a-t-il indiqué.

Mais la question n’est pas là selon Arnaud Chiche.

“C'est le chiffre du Conseil scientifique, ce ne sont pas des nigauds. Que l'on veuille vérifier le chiffre, cela me paraît tout à fait sérieux. 20%, pour un grand brûlé, c'est une jambe entière de brûlée. 20% des lits, c'est énorme, notre santé est éclopée, notre santé est gravement malade", explique-t-il sur RMC.

Où sont les soignants?

Il estime que depuis des années, l’hôpital public subit une “politique de rustine de la santé”.

"Tous les Français souhaitent être soignés et cette garantie, cette fierté française d'un système sanitaire efficient et sécurisant et bien aujourd’hui, on a basculé vers un système low-cost", pointe-t-il.

La fermeture de ces lits est en grande partie due à un manque de personnel soignant. Mais comment en est-on arrivé à ce point de non-retour? Le médecin juge que d’abord il y a la question des salaires des soignants qu’il estime sidérant.

"La salaire, c'est ce qui donne envie aux Français de faire carrière et aujourd’hui, les soignants ne veulent plus faire ce métier", affirme-t-il.

Mais alors où sont les soignants manquants? “On ne sait pas trop où ils sont : est-ce qu'ils sont partis ? Est-ce qu'ils sont en ville ? Est-ce qu'ils ont changé de carrière ? C'est une question taboue", indique Arnaud Chiche.

Guillaume Descours