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Accompagnants sexuels: "Beaucoup de femmes handicapées n'osent pas en faire la demande"

Si le métier d'accompagnant sexuel pour les personnes handicapées est autorisé en France, les personnes faisant appel à ces professionnels s'exposent en théorie à des amendes allant jusqu'à 1500 euros.

Le sexe pour tous. Depuis 2015, l'Association pour la promotion de l'accompagnement sexuel (APPAS) met en relation des personnes handicapées et des 'accompagnants sensuels et/ou sexuel' pour combattre l'isolement et la misère affective. Les 52 accompagnants sexuels français se donnent pour mission de rendre confiance aux personnes en situation de handicap en leur proposant de l'affection et parfois du sexe.

"La personne rempli son fichier pour exprimer son besoin son besoin et son envie et me contact par mail avant un contact par téléphone. J’écoute la demande et on voit si je peux y répondre", explique sur RMC Fabrice Flageul accompagnant sexuel près de Lyon qui assure être sensible à la demande et à la détresse humaine sur la sensualité et la sexualité.

Un parcours du combattant pour les femmes

Mais si "l'offre" existe, beaucoup de femmes handicapées notamment hésitent à en faire la demande: "C’est très souvent un parcours du combattant surtout pour les femmes, parce que la famille et l’environnement médical les dissuadent souvent. Quand elles franchissent toutes les étapes on décide de se rencontrer. C’est avant tout une demande de sensualité, d’affectivité et voire de sexualité", détaille Fabrice Flageul.

"Les demandes d’accompagnement sexuel viennent à 97% des hommes mais c’est surtout parce que beaucoup de femmes n’osent pas parce qu’elles ont peur du regard des autres. C’est possible, il n’y pas de honte à avoir et cela peut changer leur vie", ajoute l'accompagnant.

"Je le fais pour les libérer, pour qu’elles retrouvent de la féminité de la confiance en elles et qu’elles retrouvent quelqu’un. Huit fois sur dix elles ont rencontré un compagnon après", fait-il valoir.

Amendes et illégalité

Les prestations de Fabrice Flageul sont tarifées. Un mal nécessaire pour établir un cadre et garder un semblant de vie privée explique l'accompagnant: "Cela pourrait être gratuit mais le fait que ce soit financé et que ce soit une démarche professionnelle donne un cadre, pose des règles et permet de le faire sereinement, sinon je ne pourrais plus travailler et vivre".

"Officiellement le terme c’est ‘prostitué’. Moi ça ne me dérange pas, je pense que les prostitués sont indispensables dans notre société et qu’il y a beaucoup d’hypocrisie à ce niveau-là. C’est juste l’image qu’on en a qui dérange", clame-t-il.

Si ce travail n’est pas illégal, une loi de 2016 punit les clients qui encourent une amende pouvant aller jusqu’à 1500 euros. Aucune amende n’a été prononcée cependant assure Fabrice Flageul qui estime qu’il ne s’agit d’une loi uniquement destinée à faire plaisir aux personnes contre la prostitution.

Guillaume Dussourt