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Addiction aux écrans: "C'est aussi difficile de s'en détacher que quelqu’un qui est accro à l’héroïne"

Jordan, ancien accro aux écrans, a commencé à faire des crises d'épilepsie aux alentours de 16 ans. Il explique sur RMC les conséquences de cette addiction, et son parcours pour s'en détacher.

C'est un mal qui touche de plus en plus de Français. Jordan, auditeur de RMC, a admis au cours de l'émission Bureau de vote avoir été "très fortement" addict aux écrans par le passé. Jusqu'au point de développer une maladie.

"Je suis allé très très loin. Je cumulais en même temps un travail en apprentissage et les écrans, c’était moitié-moitié. Du coup le sommeil était inexistant", raconte-t-il. 

"On redécouvre tout ce qu'on a autour de nous"

"Vers 16 ans, quand les jeux vidéo ont commencé à se démocratiser, je m’y suis mis tellement que je ne m’arrêtais plus. Des consoles nouvelle génération sont arrivées avec de meilleurs graphismes, c’est là que ça a commencé à me provoquer des crises d’épilepsie, comme c’est marqué sur les notices que l’on ne lit pas. Le déclencheur de mes crises d’épilepsie c’était les jeux vidéo et les écrans", reconnaît-il.

Une conséquence néfaste qui l'a obligé "à avoir un rythme de vie qui exclut les écrans au maximum". En plus d'être contraint de fortement réduire son temps face aux écrans, Jordan est sous comprimé pour tempérer ses crises d'épilepsie, qui se font plus rares. "Je fais maintenant peut-être une crise par an alors que la majorité des épileptiques en font quelques unes par mois voire par semaine", précise-t-il.

Depuis, le jeune homme se sent mieux. "On redécouvre tout ce qu’on a autour de nous, car quand on est dans nos écrans on oublie ce qu’il y a autour, on oublie même notre famille", regrette-t-il.

"La peur du vide, la peur des autres"

Mais le chemin a été long avant de parvenir à ce renouveau, et la période de sevrage a été particulièrement compliquée.

"Je pense que c’est aussi difficile de s’en détacher que quelqu’un qui est accro à l’héroïne ou à une autre drogue dure", compare-t-il. "Les premiers mois, quand on se retrouve tout seul dans un appartement entre quatre murs, et qu’on ne sait pas quoi faire, parce que notre vie c’est les jeux vidéo, et qu’on ne s’arrête jamais à part pour aller au travail pour ma part, c’est très difficile."
"Il y a l’ennui, la peur du vide, la peur des autres, parce que c’est vrai que derrière son écran on se sent fort et protégé, mais après quand on doit se confronter aux autres, c’est plus compliqué", conclut-il.
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