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Antoine 1 mois, attend un cœur : "En ce jour de Noël il y a une notion de partage et il faut pouvoir parler du don d’organe"

Antoine, un mois et demi, attend une greffe de cœur d'urgence. Pour le Professeur Lantieri, chirurgien à l'hôpital Beaujon à Paris, il faut profiter du jour de Noël pour parler du don d'organe.

C'est une course contre la montre pour le petit Antoine. Né le 22 novembre dernier il souffre d'une défaillance cardiaque grave. Hospitalisé à l'hôpital HFME (Hôpital Femme, Mère, Enfant) de Lyon, une greffe de cœur est sa seule chance de survie. Ses parents ont donc lancé un appel au don d'organe sur Facebook.

"On peut être confronté à une situation terrible soi-même"

"Les parents du petit Antoine ont déjà perdu un premier enfant, mort d’une malformation cardiaque inconnue. Ils ont fait un second enfant sans savoir que c’était une pathologie congénitale. S’il ne reçoit pas une greffe dans les semaines qui viennent, les médecins pensent qu’il ne survivra pas", explique sur RMC le Professeur Laurent Lantieri, le chirurgien qui a réalisé la première greffe totale du visage en 2010, et qui a relayé l'appel des parents du petit garçon.

"En cette journée de Noël il y a une notion de partage et il faut pouvoir parler du don d’organe. On en parle aujourd’hui parce que demain on peut être confronté à une situation terrible soi-même ou voir un proche y être confronté", ajoute-t-il.

"Le souhait qu'à travers la mort, d’autres puissent vivre"

Mais il est difficile de trouver un donneur de cœur, surtout pour un nouveau-né. Il faut ainsi faire d’un drame un don : "Pour le don d ‘organe il faut qu’il y ait quelqu’un qui décède malheureusement (…) On peut avoir quelqu’un en état de mort cérébrale mais dont les organes vivent encore. Pour le petit Antoine, il faut se retrouver dans un état où malheureusement un enfant serait mort et où l’on demanderait à la famille de prendre le cœur de l’enfant décédé", explique le Professeur Lantieri.

"Ce n’est pas le souhait d’une mort pour avoir une vie, c’est le souhait que à travers la mort, d’autres puissent vivre", ajoute-t-il.

Antoine vient de fêter son premier mois à l'hôpital en attendant une éventuelle greffe.

Bourdin Direct (avec G.D.)