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Arrêts maladies en téléconsultation: "J'ai un salarié qui en a six, de cinq médecins différents"

Le gouvernement entend lutter contre la fraude et l'abus des arrêts de travail délivrés en visio par des médecins autres que le médecin traitant. Selon le ministre de l'Action et des Comptes publics Gabriel Attal, cette fraude atteindrait les 100 millions d'euros par an.

Le gouvernement veut mettre un frein à certains arrêts de travail. Dans le cadre de son projet de loi de financement de la Sécurité sociale, l'exécutif veut annuler le remboursement des arrêts maladies prescrits en téléconsultation par un autre professionnel que le médecin traitant.

Une bonne chose pour le docteur Jérôme Marty, qui estime que la téléconsultation doit de toute façon être effectuée par le médecin traitant, ou a minima par un médecin que l'on connaît. "Il faut connaître son patient pour pouvoir effectuer une téléconsultation efficace", explique le praticien ce mardi sur le plateau des "Grandes Gueules", sur RMC et RMC Story. "On a vu fleurir des arrêts de travail parce que lorsque l'on ne connaît pas le patient en face, c'est difficile de refuser de faire un arrêt à quelqu'un qui assure avoir mal", assure Jérôme Marty.

Pour Gabriel Attal, cette mesure permettrait d'économiser 100 millions d'euros. "On a constaté une explosion des arrêts maladie donnés, en téléconsultation, par un professionnel qui n'est pas le médecin traitant. Ce sont près de 100 millions d'euros l'an dernier", assure au JDD le ministre de l'Action et des Comptes publics.

"Les Français en ont marre de payer pour les fraudeurs"

Des abus d'arrêts de travail en téléconsultation, c'est ce dont serait victime Jean-Pierre, chef d'entreprise dans le Rhône. "J'ai un salarié arrêté depuis le 3 juin. Il a six arrêts faits par cinq médecins différents dans quatre villes différentes", explique-t-il aux "Grandes Gueules" sur RMC et RMC Story.

"C'est une vraie dérive, le médecin n'a pas l'historique du patient", déplore le chef d'entreprise, qui assure avoir signalé les abus à l'Assurance maladie. "On m'a répondu, 'chacun son métier'", raconte Jean-Pierre.

En plus de la fin de la délivrance d'arrêts de travail en téléconsultation, Gabriel Attal veut "renforcer les pouvoirs des cyber-enquêteurs des caisses de la Sécurité sociale". Ils pourraient ainsi "repérer un professionnel qui ne déclare qu'une activité salariée mais propose ses services en indépendant sur Leboncoin sans les déclarer..."

"Les fraudeurs n'écoperont plus seulement d'une amende mais devront aussi régler leurs frais de dossier car les Français en ont marre de payer pour eux", ajoute le ministre.

G.D.