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Burn-out: comment reconnaître les signes pour s’en sortir?

Elisabeth Grebot, maître de conférence et membre du Laboratoire de Psychopathologie et Processus de Santé (LPPS) était l’invitée de François Sorel ce samedi 2 juin dans Le weekend des experts. La spécialiste vous donne les clés pour reconnaître et vaincre le burn-out.

C’est le mal professionnel du siècle. L’épuisement professionnel, plus communément appelé burn-out, n’est pas réservé aux chefs d’entreprises. 3,2 millions de Français seraient exposés à cette maladie. Directement lié au travail, le burn-out, se distingue donc par cet aspect, de la dépression.

"Le premier signe du burn-out est un épuisement physique et émotionnel"

Pour la spécialiste Elisabeth Grebot, le burn-out est avant tout une "immense fatigue". 

"Le premier signe du burn-out est un épuisement physique et émotionnel. Les personnes concernées voient que c’est de plus en plus dur d’aller au travail le matin. La journée de travail est déjà perçue, avant même qu’elle soit commencée, comme étant épuisante. C’est ce sentiment d’être vidé et de ne plus avoir d’énergie vitale".

Pour Elisabeth Grebot, quelques signes avant-coureurs permettent donc d’identifier l’apparition de la maladie et d’alerter les personnes concernées. "La fatigue physique, la difficulté de se concentrer, une attention dispersée, des erreurs au travail, des oublis et un désengagement", décrit-elle.

"S’arrêter une semaine ou quinze jours"

A l’apparition de ces premiers symptômes, la spécialiste conseille de s’arrêter pour éviter de s’engager dans un processus qui risque d’être beaucoup plus problématique par la suite voire dramatique. "Il faut prendre du recul et rééquilibrer sa vie professionnelle et personnelle avec des activités extra-professionnelles. Cela permet aussi de se ressourcer".

"Je conseille aux gens de s’arrêter le plus tôt possible. S’arrêter une semaine ou quinze jours pour se reconstituer mais pas pour repartir dans une spirale de travail frénétique et continuer à fonctionner comme on le faisait auparavant. Ça permet aussi de remettre en question son investissement et son engagement peut-être, excessif".

"Workaholisme"

Cet engagement excessif, la spécialiste le nomme, "workaholisme" ou activisme professionnel. Soit, le sentiment d’avoir un travail dont on ne peut plus se détacher et qui à terme, peut mener au burn-out.

Cependant, le fait de travailler beaucoup "n’est pas un problème si la personne a du plaisir dans son travail. On bascule, quand la satisfaction devient de plus en plus faible alors même qu’on était au départ, très enthousiaste", précise la spécialiste.

Le weekend des experts (avec C.P.)